Egyptair : "l'urgence, c'est de collecter un maximum de faits"

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Invité d'Europe 1, jeudi, l'ex-directeur du BEA, Jean-Paul Troadec, estime que l'hypothèse d'une défaillance technique doit être considérée à la lumière de nouvelles informations sur le crash du vol MS804.

"C'est un signe très encourageant", commente Jean-Paul Troadec, ancien directeur du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA), jeudi, sur Europe 1. Mercredi, un signal émanant "probablement" d'une des boîtes noires du vol Egyptair, qui s'est abîmé en Méditerranée le 19 mai, a été entendu par un navire de la marine française.

Les boîtes noires bientôt localisées. "Cela veut dire que les balises fonctionnent", poursuit Jean-Paul Troadec. "Maintenant, il va falloir s'approcher en respectant plusieurs étapes pour essayer de les localiser." L'opération devrait durer quelques jours, selon l'expert. Une fois retrouvées, les boîtes noires pourront fournir "des éléments essentiels à l'enquête", précise l'ancien directeur du BEA. "Il y aura les enregistrement des conversations des pilotes et des opérations de maintenance et d'entretien qui ont été faites sur l'avion." 

Des dysfonctionnements rapportés à la compagnie. D'après des informations publiés mercredi dans Le Parisien, le vol MS804 avait "effectué pas moins de six vols de moyen-courriers" le 19 mai et des anomalies auraient été détectées au décollage de trois d'entre eux. Des éléments qui restent à confirmer, selon Jean-Paul Troadec. "Ce que l'on sait, c'est qu'il y a eu des messages informatiques envoyés à la maintenance de la compagnie aérienne, dits messages "Acars", qui indiquent le dysfonctionnement d'un système", précise-t-il. "Mais ces messages ne sont pas connus des pilotes". Et si ceux-ci ont fait demi-tour lors de ces vols, comme l'affirme France 3, "c'est en se basant sur leurs informations de pilotage", affirme l'expert.

L'hypothèse technique "considérée". Quelle hypothèse privilégier à la lumière de ces nouvelles informations ? "Les enquêteurs ne font pas de suppositions a priori", répond Jean-Paul Troadec, estimant que l'"urgence est de collecter un maximum de faits". "On avait au départ privilégié l'hypothèse terroriste compte tenu du contexte international, mais il faut dire qu'aucun élément factuel ne sous-tendait cette thèse", estime l'ex-directeur du BEA. "Aujourd'hui, l'hypothèse technique est également considérée."