Ecole avec vue sur exécutions

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Ecole avec vue sur exécutions
@ capture d'écran
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Les parents d’élèves de l’école française d'Hô-Chi-Minh se mobilisent.

Sur le papier, la nouvelle école française d'Hô-Chi-Minh-Ville, l'ancienne Saigon, est idéale. Un bâtiment flambant neuf doté d’équipements sportifs, notamment une piscine. Et la possibilité de pouvoir enfin regrouper les 650 élèves de la maternelle à la terminale dans un même établissement. Seule ombre au tableau, et de taille : elle a été construite dans un quartier industriel, près d’une décharge… et d’un terrain d’exécution.

"Le terrain est situé au milieu de centaines de briqueteries artisanales qui brûlent, entre autres, des rebuts et déchets industriels nocifs", décrit à France 24 la mère d’un enfant destiné à y étudier. "Mais le pire pour moi, c'est le terrain d'exécution à proximité immédiate de l'école. Les poteaux d'exécution et les tombes des prisonniers exécutés sont visibles depuis les salles de classe. Je n'imagine pas une seule seconde que nos enfants puissent être scolarisés dans un environnement pareil", explique Laure Letinois.

L'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (l’AEFE) avait promis que le terrain d’exécution serait déplacé et les briqueteries fermées. Mais les parents d’élèves ont constaté le contraire lors d’une journée porte ouverte en mars 2010.

Ils ont filmé le terrain :

L’association des parents d’élèves a pourtant alerté les autorités à maintes reprises : l’AEFE, le consulat et l'ambassade de France et le ministère des Affaires étrangères. D’après un sondage qu’elle a réalisé, 78% des parents sont contre un déménagement en septembre de l’école.

La directrice de l’établissement, Anne-Marie Descôtes, citée dans Le Monde, a promis d'ajourner le déménagement "si les problèmes ne sont pas réglés d'ici à la rentrée. Mais en attendant, il faut faire comme si". Et les parents n’ont pas le temps d’attendre les résultats d’un rapport sur la qualité de l’environnement du terrain pour se décider. Le consulat leur demande de préciser avant le 6 mai s’ils scolarisent leur enfant ou non.