Divisés sur l'accord, les députés grecs votent

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Divisés sur l'accord, les députés grecs votent
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Le texte commun entre la Grèce et ses créanciers passe mercredi devant le Parlement grec, dans un contexte tendu. 

C'est l'une des étapes les plus importantes qu'il reste à franchir avant un accord définitif sur la Grèce. Le texte commun entre Athènes et ses créanciers, obtenu après 17 heures de négociations lundi matin, passe mercredi dans la soirée, voire dans la nuit, devant le Parlement grec. S'il devrait être adopté, il devrait aussi amputer Alexis Tsipras d'une grande partie de sa majorité parlementaire.

Tsipras soutenu par l'opinion… Hausse de la TVA, de l'impôt sur les sociétés, fin de nombreux régimes de préretraites… S’il demande des efforts considérables à Athènes, l'accord ouvre aussi la porte à un troisième plan d’aide de plus de 80 milliards d’euros pour le pays. Alexis Tsipras s'est expliqué mardi soir lors d'une interview télévisée sur les raisons qui l'ont poussé à signer.  "J'assume mes responsabilités pour toute erreur que j'ai pu commettre, a-t-il déclaré, j'assume la responsabilité d'un texte auquel je ne crois pas mais que j'ai signé pour éviter un désastre au pays", en l'occurrence une sortie de l'euro en forme de plongée dans l'inconnu.

Il peut s'appuyer sur un sondage Kapa Research pour le journal To Vima- réalisé sur un échantillon de 700 personnes- révélant que, bien que très partagés sur les termes de l'accord, 70,1% des Grecs pensent que le Parlement doit l'adopter.

… Moins dans sa majorité. Reste à savoir qui des 300 députés votera pour. Les grands partis d'opposition, Nouvelle Démocratie (conservateurs), Pasok (socialistes) et Potami (centre-gauche), réunissant 106 députés à eux trois, ont appelé à sa validation. Mais le parti de gauche radicale Syriza, le parti du Premier ministre (149 députés), est quant à lui divisé. Difficile aussi d'évaluer les comptes : 32 députés ont déjà manifesté des réticences (15 "oui mais", 2 non, 8 abstentions et 7 absents) lors du vote, vendredi dernier, portant sur la reprise des négociations avec les créanciers.

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© PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP


Il y aura de toute façon des défections de poids comme la puissante présidente du Parlement Zoé Konstantopoulou, ou le ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis, qui privilégie "les alternatives", comme un retour à la drachme. Nadia Valavani, députée et cadre de Syriza, a carrément remis son portefeuille de ministre adjoint des Finances, écrivant à Alexis Tsipras : "la solution qui nous est imposée aujourd'hui, d'une façon si déprimante, n'est pas viable."

Le vote du Parlement grec se fait également mercredi sur fond de grève des fonctionnaires grecs à l'appel du syndicat Adedy, la première depuis l'arrivée de Syriza au pouvoir, qui ralentissait l'activité des transports ou des hôpitaux en milieu de journée, sans la bloquer. Une manifestation contre l'accord devait se dérouler mercredi soir devant le Parlement.

Le FMI sème le trouble. Pour l'heure, et c'est en partie ce qui divise la majorité, l'accord ne contient pas noir sur blanc la promesse d'une restructuration de la dette. "L'Eurogroupe est prêt à évaluer, si nécessaire, des mesures additionnelles (allongement des délais de grâce et des maturités), seulement si la Grèce a respecté ses engagements", peut-on simplement lire dans l'accord.

Or le FMI, un des trois créanciers avec l'UE et la BCE, a semé le trouble mardi soir, publiant, après des fuites dans la presse, un document assurant que la dette grecque est "totalement non-viable" et doit subir une forte cure d'amaigrissement, soit par une longue extension des délais de remboursement, soit, préférablement, par un allègement pur et simple. Un pavé dans la mare qui donne des arguments en plus à Alexis Tsipras lors des futures négociations… Mais qui donne aussi une raison au parlement grec de refuser le texte en l'état.