Disparus en Bolivie : l'heure du procès

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Disparus en Bolivie : l'heure du procès
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Les familles des deux jeunes Nantais disparus en Bolivie en 2010 s'apprêtent à assister au procès.

L'ACTU. C'est un procès qui a été obtenu à grande peine. Les parents de Jérémie et Fannie, ce couple originaire de Nort-sur-Erdre, près de Nantes, disparus en Bolivie en août 2010, ont tout fait pour que les assassins de leurs enfants soient traduits devant la justice. Le procès débute ce lundi à Riberalta, une ville située à seulement de 80 km de la localité isolée où a eu lieu le crime, Guayaramerin.

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La détermination des parents. "On part déterminés", a dit mardi matin le père de Jérémie qui était âgé de 25 ans lorsqu'il a disparu avec Fannie Blancho, 23 ans.La mère de Jérémie, est restée restée deux ans sur place pour faire avancer l'enquête. "On surveillait tout. On allait tous les jours au palais de justice. Nous sommes allés plusieurs fois faire les recherches avec les policiers. Si on n'était pas venu sur place, l'affaire aurait été enterrée, il n'y aurait rien eu", déplore-t-elle au micro d'Europe 1.

En 2010 les autorités boliviennes n'avaient commencé leur enquête que plus d'une semaine après la disparition de Fannie et Jérémie, le 29 août 2010, après une nuit de fête à Guayaramerin. Leurs familles n'avaient été prévenues que près d'un mois plus tard. C'est la détermination sans faille des parents Jérémie qui a fait avancer une enquête que le contexte local condamnait à être classée sans suite.

Une enquête vacillante. Depuis, quatre procureurs se sont succédés avant qu'enfin l'enquête avance. Aujourd'hui, l'ambiance est détestable : menace de mort, intimidation, une juge s'est même récusée. Dans la salle, les quatre parents seront seuls contre tous. Mais le père de Fannie veut faire front. "Il faut faire face, on essaye d'avoir le moins de peur possible, parce que de toute façon, ce qu'on attend c'est que le procès se termine. Et qu'on essaye d'avoir la vérité à l'issue de ce procès", commente-t-il au micro d'Europe 1.

Les corps de Fannie et Jérémie n'ont toujours pas été retrouvés, mais aujourd'hui encore les accusés se taisent. En France, le fils de Fannie, un petit garçon resté tout seul aux confins de l'Amazonie au moment du drame, attend sa maman. "C'est la dernière question qu'il m'a posé : 'quand est ce que vous revenez avec maman ?'", confie le père de la jeune femme. Pour essayer d'obtenir la vérité, les parents de Fannie et Jérémie vont faire le plus de bruit possible dans les médias bolivien. La seule manière, selon eux, de mettre la pression sur les accusés, mais aussi sur une justice locale vacillante.