Discours sur l’état de l’Union : Obama joue offensif

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Discours sur l’état de l’Union : Obama joue offensif
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Le président américain va prononcer mardi soir le traditionnel discours sur l’Etat de l’Union, au Washington.

A deux ans jour pour jour de la fin de son mandat, Barack Obama veut passer à l’attaque. Le président américain va prononcer mardi soir, à 21h heures locales, le traditionnel discours sur l’Etat de l’Union, au Capitole, à Washington. Barack Obama s’exprimera dans un contexte économique favorable, avec notamment la révision à la hausse de la prévision de croissance du FMI, à +3,6% pour 2015. Du coup, la cote de popularité du président a augmenté, avec 50% d’opinion positive selon un sondage publié lundi. Barack Obama veut donc capitaliser sur ces bons indicateurs pour lancer plusieurs projets de réforme. Mais il devra composer avec le Congrès, dominé désormais par ses adversaires républicains.

Le discours sur l’état de l’Union, c’est quoi ? Une fois par an, le président des Etats-Unis prononce un discours devant le Congrès, dans lequel il dresse le bilan de son programme et en définit
Obama avec Mitch McConnell, le leader des Républicains au Sénat.

© AFP

les orientations. Ce discours est retransmis en direct à la radio et à la télévision. Pendant un peu plus d'une heure, face aux élus de la Chambre des représentants et du Sénat mais aussi aux ministres et aux juges de la Cour suprême, Barack fera également mardi soir un large tour d'horizon de ses priorités pour le reste de son mandat.  

Une réforme fiscale perdue d’avance. La principale proposition du président américain concerne un projet de réforme fiscale, en faveur des classes moyennes. Barack Obama souhaite augmenter la pression fiscale sur les foyers les plus aisés. L’exécutif a condamné ces dernières semaines un code des impôts "injuste". Mais les pistes avancées par le président n’ont quasiment aucune chance d’aboutir. Les Républicains n’ont pas l’intention de céder sur ce dossier et dénoncent des initiatives "décourageantes". "Augmenter les impôts sur les Américains qui réussissent ne va pas aider ceux qui ont des difficultés à réussir", a estimé le sénateur républicain Marco Rubio, qui pourrait se lancer dans la course à la Maison Blanche en 2016.

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Peser sur l’agenda législatif. Outre la réforme fiscale, il a déjà évoqué plusieurs projets ces dernières semaines. Parmi elles, la simplification de l'accès à la propriété, l’amélioration de l'accès à l'internet haut-débit, ou encore la gratuité sous conditions des "community colleges" qui offrent des formations universitaires courtes. Car le président a été clair, dans une vidéo diffusée lundi : il ne laissera pas à ses adversaires républicains le monopole de l'agenda législatif d'ici son départ, en janvier 2017. "Tous les fans de sports savent qu'il faut jouer à fond jusqu'à la fin du match" a-t-il clamé. Mais les Républicains auront bel et bien l’avantage du terrain, avec un Congrès acquis à leur cause.

Une arme à disposition : le veto. Mais le président ne sera pas totalement déplumé dans ce jeu de dupes. Dans les rudes négociations qui s’annoncent avec les Républicains, Barack Obama a rappelé à ses adversaires qu’il dispose d’une arme puissante : le droit de veto. Ce mécanisme constitutionnel permet au président américain de s’opposer aux lois qui arrivent sur son bureau. Et le locataire de la Maison-Blanche a déjà prévenu. Il n’hésitera pas à s’en servir sur plusieurs points chauds, comme le nucléaire iranien.

Obama Cuba 1280

© Reuters

Le rapprochement avec Cuba au menu. Un autre dossier de politique internationale devrait tenir la vedette lors du discours sur l’état de l’Union : le rapprochement historique avec Cuba. La normalisation des relations entre les deux pays, annoncée le 17 décembre, devrait figurer en bonne position mardi soir. L’initiative, qui a mis fin à près d’un demi-siècle d’hostilité entre les deux voisins, est soutenue par une large majorité d’Américains. Les Etats-Unis et Cuba tiendront mercredi à La Havane, au lendemain du discours, une première série d’entretiens officiels pour concrétiser le rétablissement de leurs relations diplomatiques.

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