Dialogue inédit en Egypte

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Dialogue inédit en Egypte
@ REUTERS
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La protestation ne faiblit pas en Egypte où le dialogue s’installe entre le pouvoir et l'opposition.

Les Frères musulmans ont été associés pour la première fois au dialogue avec le pouvoir en Egypte. La réunion qui s’est tenue dimanche entre les forces d’opposition a permis aux différentes parties de se mettre d'accord sur "une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution".

Mais les Frères musulmans ont aussitôt dénoncé l'insuffisance des réformes proposées. "Les demandes sont toujours les mêmes. Ils (le gouvernement) n'ont pas répondu à la majorité des demandes, ils n'ont répondu qu'à certaines, et de manière superficielle", a précisé Essam al-Aryane, un autre haut responsable de la confrérie.

Autre mécontent, l'opposant le plus en vue, le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, a assuré ne pas avoir été invité à ce dialogue, qualifiant ces discussions d'"opaques", sur la chaîne américaine NBC.

Un consensus a tout de même eu lieu sur "la formation d'un comité qui comptera le pouvoir judiciaire et un certain nombre de personnalités politiques, pour étudier et proposer des amendements constitutionnels (...) avant la première semaine de mars", a expliqué le porte-parole du gouvernement Magdi Radi.

La contestation ne faiblit pas

L'opposition a demandé au vice-président Omar Souleimane -nommé vice-président quelques jours après le début de la contestation populaire le 25 janvier - d'assumer les pouvoirs du président Moubarak, mais Omar Souleimane aurait refusé, selon un responsable d'un parti d'opposition sous couvert d'anonymat.

Sur la place Tahrir au Caire, la mobilisation reste forte. Toujours cernée par les chars, la place reste occupée par des milliers de manifestants, qui ont passé la nuit de dimanche à lundi sur place. Les manifestants restent déterminés. "Tout cela a commencé comme une démonstration pacifiste et ils nous ont transformé en guerriers, nous découvrons notre pouvoir", a confié Selma, 34 ans, sur Europe 1.

Au 14e jour du conflit, le calme semble tout de même revenir. Les portes des commerces et des banques rouvrent de nouveau. La circulation sur les routes et les ponts se rétablit.

Au niveau international, les appels à une transition politique ordonnée et rapide se sont multipliés. En réponse, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a indiqué que son pays refusait les "diktats" de l'étranger.