Les deux Bretons virés manu militari des États-Unis témoignent : "on a été traités comme des criminels"

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Les deux Bretons virés manu militari des États-Unis témoignent : "on a été traités comme des criminels"
Les deux Français ont été arrêtés à leur arrivée à l'aéroport de Philadelphie, aux États-Unis. @ AFP
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A leur arrivée aux États-Unis, deux Bretons ont passé plusieurs heures en prison avant d'être renvoyés en France. La raison ? Ils n'avaient pas le bon visa.

Ils étaient partis pour travailler bénévolement tout l'été dans un ranch aux États-Unis, nourris et logés en échange de leur travail. Evan et Olivane ont finalement passé moins de 24 heures sur le sol américain. Ce couple d'étudiants bretons a été arrêté fin juin à l'aéroport de Philadelphie puis expulsé, rapidement soupçonné de travail dissimulé car le bénévolat dans les fermes est très encadré aux États-Unis. Leur visa délivré pour les touristes n'était donc pas le bon.

Menottés et emmenés en prison. Mais entre-temps, les deux étudiants ont été fouillés avant d'être envoyés en prison dès la fin de leur interrogatoire. "Ils nous ont menacés, menottés, puis on a traversé l'aéroport avec eux jusqu'à à aller à leur van. Ils nous ont ensuite conduits à 20-30 minutes de là, dans la prison de Philadelphie", raconte Evan, 21 ans. "J'ai été amené dans une petite salle, puis à l'infirmerie où ils ont sorti une seringue. Je pensais que c'était une prise de sang. Je finis par tendre le bras et ils me font l'injection. Mais je n'ai pas su ce que c'était. Au final, je suis resté 9 heures en prison", déplore-t-il au micro d'Europe 1. "On a vraiment été traités comme des criminels".

"Une torture mentale". "On a vécu une torture mentale. La prison c’est terrible et les heures sont super longues. Je ne suis pas sortie de la cellule mais j'ai entendu par les bouches d’aération des prisonnières s’échanger des insultes", a confié également Olivane au quotidien Ouest-France. "Je ne veux blâmer personne, même pas les douaniers américains qui respectent leur protocole. J’ai peut-être une part de responsabilité en ayant présenté un visa de tourisme", ajoute-t-elle. "Les proportions prises par cette affaire sont effrayantes". La jeune femme a dit vouloir témoigner pour ne pas que cela arrive à d'autres.