Destructions à Palmyre : "Un nettoyage culturel"

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La directrice générale de l’Unesco a dénoncé mardi une stratégie d'anéantissement de la mémoire des peuples par le groupe Etat islamique.

INTERVIEW

"Nettoyage culturel". C'est ainsi qu'Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, a qualifié sur Europe1 les destructions du groupe Etat islamique au lendemain de l'annonce de la destruction à l'explosif un temple dans la cité antique de Palmyre

"Une stratégie". La directrice générale de l’Unesco a estimé que la destruction du site antique inscrit au patrimoine mondial en 1980 était "un crime de guerre, un crime contre l'humanité". Pour elle, "ce n'est pas un hasard s'ils attaquent la diversité culturelle, cela fait partie d'une stratégie de nettoyage culturel", a-t-elle estimé en relevant : "Ils ne reconnaissent pas l'histoire, ni la diversité culturelle, ni la mémoire des peuples de différentes communautés".

Khaled Assaad, "un héros". Interrogée sur l'exécution de Khaled Assaad qui avait dirigé pendant cinquante ans le site des ruines romaines de Palmyre, Irina Bokova a souligné qu'il était très connu à l'Unesco : "C'est l'homme qui avait inscrit Palmyre sur la liste du patrimoine", a-t-elle dit en le qualifiant de "héros" "parce qu'il avait caché certains objets et qu'il a refusé de parler et même de quitter Palmyre à laquelle il avait consacré sa vie".

Réécoutez l'interview intégrale d'Irina Bokova : 

L'EI a détruit plusieurs vestiges antiques dans les territoires sous son contrôle, principalement dans le nord de l'Irak et dans le nord-est de la Syrie. Les djihadistes se sont ainsi attaqués aux ruines des cités antiques de Hatra et Nimrud et saccagé le musée archéologique de Mossoul. A Palmyre, ils ont détruit le temple de Baalshamin érigé en l'an 17 puis a été agrandi et embelli par l'empereur romain Hadrien en 130.