Des "suppositoires explosifs" : l'avertissement d’Europol

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Des "suppositoires explosifs" : l'avertissement d’Europol
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Europol a averti les polices européennes des risques de voir des terroristes utiliser des bombes en suppositoires.

"The concealment of Improvisded Explosive Devices in rectal cavities", soit "la dissimulation d’engins explosifs improvisés dans un rectum" : c’est un document de dix pages, en date du 18 septembre, et diffusé à l’ensemble des services de police européens. Son auteur ? Le très sérieux SC5, l’Unité de contre terrorisme d’Europol, l’office de police criminelle intergouvernemental à l’échelle de l’Union européenne.

Ce rapport, qu’Europe 1 s’est procuré, revient en détail sur l’attentat d’un genre nouveau, perpétré le 27 août dernier, à Djeddah, en Arabie Saoudite, par Al-Qaïda. Ses conclusions sont inquiétantes : "les mesures de sécurité aéroportuaires actuelles ne sont pas capables de détecter le transport d’une bombe" dans le corps humain, peut-on y lire.

Retour sur les faits : le 27 août dernier, à Djeddah, le grand patron saoudien de la lutte anti-terroriste échappe miraculeusement à un attentat suicide au cœur de son palais. Cette "opération sophistiquée" a été conçue de manière à déjouer "tous les contrôles de sécurité", pourtant sévères, autour du prince Muhammad bin Nayef, affirme aussitôt Al-Qaïda, qui revendique l’attaque.

Le jeune kamikaze, Abdullah Hassan Talea Asiri, a subi plusieurs contrôles de sécurité : il a réussi à faire passer sa bombe sous les portiques de détections de deux aéroports avant d’être admis dans l’antichambre du vice-ministre de l’Intérieur. Là, il a attendu une trentaine d’heures au milieu de ses gardes du corps, après avoir été très sérieusement fouillé.

Les enquêteurs ont, au départ, une seule certitude : considéré par les services spécialisés comme un radical islamiste particulièrement dangereux, qui prétendait vouloir négocier son ralliement dans le cadre d’un programme de réinsertion organisé par les autorités saoudiennes, Abdullah Hassan Talea Asiri ne portait pas de ceinture ou de gilet d’explosifs avant d’être introduit dans le bureau ministériel.

D’où cette hypothèse, émise par les experts en police scientifique : le kamikaze a dissimulé dans son rectum un engin artisanal à détonateur radiocommandé.

> Lire l’intégralité du rapport au format PDF (Europe 1 a volontairement masqué les clichés les plus insoutenables)

Ce rapport a eu des conséquences en France, comme l’a révéléLe Figaro, lundi : le Service de coopération technique internationale de police (Sctip), la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), puis la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), ont alerté l'Unité de coordination de lutte antiterroriste (UCLAT).

Cette unité a ensuite diffusé une note aux différents services de police et de gendarmerie français, les appelant à "la vigilance" sur cette éventualité. Ses arguments sont rigoureusement identiques aux conclusions d’Europol : il "n'existe pas de méthode infaillible pour détecter les explosifs", y écrivent les services français.