Des nouvelles d’Eyjafjöll

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Des nouvelles d’Eyjafjöll
@ REUTERS
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Le volcan islandais qui avait bloqué le trafic aérien au printemps fait l’objet d’une conférence.

En l’espace de quelques jours, la planète entière avait fait sa connaissance. En sommeil depuis 190 ans, le volcan islandais Eyjafjöll s’est réveillé le 20 mars 2010. Mais c’est en avril que le monde a dû apprendre à prononcer son nom.

Car aux éruptions mineures, n’ayant que des conséquences locales, a succédé une seconde phase éruptive plus importante, marquée par un immense nuage de cendres. Un nuage qui paralysera une bonne partie du trafic aérien européen pendant cinq jours.

"Rien n’indique une reprise imminente"

Aujourd’hui, Eyjafjöll est toujours en activité, mais ne rejette plus de nuages de cendres. "Il y a toujours une petite activité sismique qui se maintient sur le volcan, mais il n’émet plus de magma visible en surface", confirme pour Europe1.fr le volcanologue Patrick Allard. "Aujourd’hui, la seule chose qu’on puisse affirmer, c’est qu’on ne sait pas comment la situation va évoluer. Mais il n’y rien qui indiquerait une reprise imminente du volcan".

Mais l’incident a suffisamment échaudé les Etats et les compagnies aériennes impactés par ce chaos sans précédent. Des experts du secteur aérien et scientifiques sont donc invités mercredi et jeudi en Islande, à Keflavik, à tenter de trouver les modalités d’une réponse coordonnée si un tel phénomène venait à se produire.

"Définir un seuil"

"L’idée est d’abord de tirer un bilan de ce qui s’est passé", reprend Patrick Allard, par ailleurs directeur de recherche au CNRS, rattaché à l’Institut du Globe de Paris. "Il faudra aussi définir le seuil de concentration et de taille des particules de cendres au-delà desquelles il est déraisonnable de voler. Pour cela, il faudra également mettre en place des outils de calcul qui soient cohérents pour tout le monde et qui donnent les résultats les plus fiables."

Il faut dire qu’Eyjafjöll a sensiblement grevé le budget des compagnies aériennes. L'Association internationale du transport aérien a estimé à 1,7 milliard de dollars, soit environ 1,27 milliard d'euros, le préjudice financier qu’elles ont subies.