Des mineurs chiliens aux destins très contrastés

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Des mineurs chiliens aux destins très contrastés
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PORTRAITS - L’un enchaine les plateaux télé, l’autre les festivals dédiés à Elvis, un autre vend des légumes.

Un an après leur séjour à 700 mètres sous terre, que sont devenus les 33 mineurs qui ont survécu à un éboulement dans la mine d'or et de cuivre de San José ? Europe1.fr vous dresse le portrait de quatre d'entre eux.

Mario Sepulveda, l’homme des plateaux télé

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Électricien dans la mine de San José, cet homme de 41 ans est devenu le porte-parole du groupe, surnommé "Los 33". Il enchaîne alors les plateaux télé pour raconter leur aventure sous terre. Mais une fois exposé, tous les détails de leur séjour dans la mine, Mario Sepulveda ne délaisse pas la vie publique.

Tout en ayant créé un centre aéré à l'extérieur de Santiago, qu'il gère avec son épouse, il multiplie les conférences sur le travail en équipe. Très médiatisé, il reste souvent sollicité, comme ce fut le cas après le séisme qui a frappé le Chili en janvier 2011. Il prête ainsi son image à une campagne de sensibilisation pour participer à la reconstruction de logements détruits.

Edison Pena, le fan d’Elvis

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Ce mineur de 34 ans avait pris l’habitude de faire son jogging sous terre en chantant du Elvis pour se motiver et rappeler à ses coéquipiers "qu’il ne faut jamais baisser les bras". De retour à la surface, il n’a donc pas abandonné deux hobbies qui l’ont aidé à tenir. En novembre, il courait le marathon de New York, bouclé en moins de 6 heures.

Edison Pena est par ailleurs régulièrement invité par des festivals consacrés à Elvis Presley. Outre une visite à Graceland, la propriété du King, il s’est aussi illustré lors de son passage sur le plateau du Late show de David Letterman, où il a chanté "Suspicious Minds"

Fin juillet, il était l’invité d’honneur du Elvis festival de Collingwood, une célébration du King organisée au Canada. "Ma première pensée a été : nous devons absolument l’avoir", a confié Linda Wilson, l’une des coordinatrices du festival, au journal The Star. Et pour cause : il incarne Elvis Presley à la perfection, l’accent hispanophone en plus.

Osman Araya, épris de simplicité

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Ce mineur de 31 ans s’est reconverti dans la vente de fruits et légumes. Avec sa femme et ses deux enfants, il tient un stand sur la place du village d’El Palomar. Avec un autre survivant, Dario Segovia, il a utilisé l’aide financière versée par l’Etat chilien pour acheter une camionnette, nécessaire à son travail.

Mais la médiatisation, ce n’est pas pour lui. "Nous ne sommes plus les 33", a-t-il récemment affiché sur son étal pour souligner que cet épisode est révolu et que les liens qui unissaient les mineurs ne sont plus aussi forts. D’autant qu’il est lassé des fantasmes des gens, persuadés que les 33 rescapés sont tous devenus millionnaires et n’ont plus besoin de travailler. Résultat : il ne se rendra pas aux cérémonies d’anniversaire de leur sauvetage.

José Henriquez, le "Pasteur"

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En charge des prières et de la vie spirituelle des 33 mineurs, cet excavateur de 55 ans a très vite été surnommé "le pasteur". Lors du voyage des mineurs à Jérusalem, c’est évidemment lui qui mène la troupe sur les différents lieux religieux.

D’abord invité de Puertas Abiertas, une sorte de Jour du seigneur chilien, ce protestant multiplie depuis les interventions lors de rassemblements religieux. On l’a récemment vu aux Etats-Unis pour célébrer Pâques avec le pasteur Rick Warren, un évènement popularisé par une bande-annonce digne d'un film hollywoodien.

Mais il y a mieux : il a participé au National Prayer Breakfast en présence de Barack Obama pour expliquer en quoi sa foi l'avait aidé à tenir 69 jours sous terre. "Nous avons réalisé que nous n'avions qu'une seule solution et que c'était dieu", a-t-il témoigné.