Des mannequins posent en "réfugiés" : le shooting qui provoque un tollé

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Des mannequins posent en "réfugiés" : le shooting qui provoque un tollé
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Un photographe hongrois se défend d'avoir voulu rendre "glamour" la situation des réfugiés. 

Une jeune femme, la chemise ouverte, en train de se prendre en selfie avec un smartphone à coque Chanel… le long d'une barrière surmontée de barbelés. "Der Migrant" ("la migrante"), la série de clichés de "mode" d'un photographe hongrois faisant prendre la pose à une mannequin jouant les réfugiés a semé l'indignation sur le Web.

Catégorie "mode". Publiée sur le site du photographe hongrois Norbert Baksa dans la catégorie "mode", la série de photos met en scène le top model hongrois Monika Jablonczky. Sur les clichés, la jeune femme est habillée de vêtements Zara, coiffée d'un fichu, elle a les cheveux sur le visage et si ses ongles sont vernis, ses mains sont sales. Sur chaque photo, en toile de fond, on aperçoit une barrière avec des barbelés. Le message est clair : la jeune femme campe une réfugiée. Comble de la mise en scène : sur certaines photos, un homme en noir armé d'une matraque empoigne la jeune femme cherchant de toute évidence à l'empêcher de passer la frontière.

"Indécent, déplacé, nauséabond". La série de photos a déclenché un tollé sur les réseaux sociaux. Le photographe qui a présenté son travail sur Twitter lundi s'est aussitôt vu répondre "honte à vous" par un internaute tandis qu'une journaliste de presse féminine fustigeait : "un shooting de mode façon "réfugiés, migrants"?! Indécent, déplacé voire nauséabond".



"Faire réfléchir". Devant la polémique, le photographe de mode qui se présente comme un professionnel indépendant avec 20 ans d'expérience s'est fendu d'un mot d'explication sur son site. "Ce shooting ne visait pas à rendre glamour une situation clairement négative mais à attirer l'attention sur le problème et à faire réfléchir les gens", fait-il valoir en ajoutant : "pendant le shooting (…), nous avons tout fait pour ne pas dépasser certaines limites". "Aux gens qui me qualifient d''idiot', je veux simplement leur dire d'examiner le problème sous tous les angles, particulièrement s'ils ne vivent pas en Hongrie", argumente-t-il encore en pointant qu'il est difficile de savoir si ces gens sont "vraiment des réfugiés ou autre chose".



Une polémique de plus en provenance de Hongrie. Depuis le début de la crise migratoire, Budapest s'est distingué par son hostilité décomplexée face à l'afflux de réfugiés. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, souvent décrié pour ses prises de positions populistes, a ainsi affirmé en septembre que l'Europe était "submergée" par les migrants, un "danger", selon lui, pour le continent et son "mode de vie".