Des élus de banlieue parisienne à Molenbeek pour affirmer leur solidarité

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Des élus de banlieue parisienne à Molenbeek pour affirmer leur solidarité
Plusieurs responsables municipaux espèrent engager une coopération entre villes unies par une même "communauté de destin".
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Une quinzaine d'élus français de municipalités réputées difficiles seront dimanche à Molenbeek, dans la banlieue bruxelloise,  pour lutter contre la "stigmatisation" des quartiers populaires.

Une quinzaine d'élus de banlieue parisienne se rendront dimanche à Molenbeek en Belgique pour afficher leur solidarité et engager une coopération entre villes unies par une même "communauté de destin", a annoncé samedi l'organisateur de cette initiative. Ces élus et militants, appartenant à des majorités de droite ou de gauche, seront reçus par des acteurs de terrain et la maire de cette commune bruxelloise qui a acquis une réputation de fief djihadiste pour avoir abrité plusieurs auteurs des attentats de Paris (13 novembre 2015) et Bruxelles (22 mars 2016).

"Se réapproprier l'avenir de nos territoires"."Avec les événements qu'on a vécus de part et d'autre, on pense qu'on a une communauté de destin avec Molenbeek et on veut se réapproprier l'avenir de nos territoires", a expliqué Medhi Bigaderne, 34 ans, élu sans étiquette à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Berceau des révoltes urbaines de 2005, la ville dirigée par le socialiste Olivier Klein a subi une véritable métamorphose qui en fait un exemple de réussite de la politique de la Ville. Également cofondateur d'ACLeFeu, une association de quartier née dans le sillage des émeutes, Mehdi Bigaderne avait été invité l'an passé par une élue de Molenbeek en sa qualité d'élu de Clichy-sous-Bois.

Les Molenbeek français. Le responsable sera accompagné cette fois d'élus de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers, Sevran, Le Blanc-Mesnil, La Courneuve, le Pré-Saint-Gervais), de l'Essonne (Étampes), du Val-de-Marne (Villeneuve-Saint-Georges), des Hauts-de-Seine (Gennevilliers, Nanterre) et des Yvelines (Carrières-sous-Poissy, Trappes). Ce voyage se veut une réponse à la "stigmatisation" dont les quartiers populaires sont victimes, référence aux propos tenus début avril par le ministre socialiste de la Ville, Patrick Kanner, qui avait déclaré qu'il y avait "une centaine de quartiers en France" présentant des "similitudes" avec Molenbeek.

Travailler ensemble. "Même s'il y a une réalité qu'on ne nie pas, il n'y a pas que la radicalisation qui est en jeu, mais aussi les conditions de vie dans ces quartiers", a estimé l'élu de Clichy-sous-Bois.  "Jusqu'à présent, on ne nous a pas entendus sur ces questions et l'idée est de travailler ensemble, par-delà les frontières et les clivages politiques, pour trouver des solutions à la question du vivre-ensemble", a-t-il expliqué. Les élus et militants franciliens, qui feront le trajet en minibus, seront reçus par la bourgmestre (maire) de la commune bruxelloise, Françoise Schepmans, et auront des échanges avec des élus, des acteurs de terrain et des habitants.