Des ambassades pour les contributeurs à la campagne d’Obama

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Des ambassades pour les contributeurs à la campagne d’Obama
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En dépit de ses promesses de changement, le président Barack Obama maintient la tradition américaine, dénoncée par les diplomates de carrière, de récompenser par une ambassade ceux qui récoltent le plus d'argent pendant les campagnes électorales.

Barack Obama vient de nommer ambassadeurs à Londres, Paris et Tokyo des personnalités sans expérience diplomatique mais qui, à eux trois, ont glané plus d'un million de dollars pendant la campagne présidentielle de 2008. Une décision qui fait polémique aux Etats-Unis. Le président avait en effet promis de ne pas céder à cette tradition qui veut que les plus gros contributeurs d’une campagne soient récompensés d’un poste d’ambassadeur.

"C'est une pratique du 18e siècle que nous perpétuons, contrairement à toutes les grandes démocraties," regrette l'ancien ambassadeur Ronald Neumann, qui dirige l'American Academy of Diplomacy. "Ce n'est pas le changement promis, mais ce n'est pas une grosse surprise," poursuit-il.

Le président a ainsi confié le poste d'ambassadeur à Londres à Louis Susman, ancien banquier de Citigroup à Chicago (Illinois), surnommé "l'aspirateur" pour son habileté à récolter de l'argent. Il a également nommé ambassadeurs en France et au Japon les deux principaux collecteurs de fonds de Californie.

Les médias britanniques ont taxé la nomination de Louis Susman de "copinage", certains ironisant sur le fait que Barack Obama, ancien sénateur de l'Illinois, aurait pu choisir comme ambassadrice à Londres l'une de ses plus prestigieuses amies de Chicago, la "papesse" américaine du petit écran, Oprah Winfrey.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a défendu ces choix, soulignant que le président avait aussi nommé un ancien membre du Congrès, Timothy Roemer, ambassadeur en Inde.