Depuis Alep, les civils appellent au secours sur les réseaux sociaux

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Depuis Alep, les civils appellent au secours sur les réseaux sociaux
Le journaliste syrien Salah al-Ashkar témoigne des massacres à Alep depuis plusieurs mois.@ Capture d'écran Facebook
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Pour tenter d’alerter l’opinion publique mondiale, des civils syriens ont posté des vidéos poignantes sur les réseaux sociaux. 

Des mots contre l’horreur. C’est leur seule arme pour alerter l’opinion publique. Sur la toile, des civils encore piégées dans le quartier est d’Alep n’ont plus que les réseaux sociaux pour lancer des SOS.

L’évacuation se fait attendre. Depuis quatre semaines, la ville d’Alep subit d’intenses bombardements des forces gouvernementales de Bachar al-Assad. Mardi soir, un accord de "cessez-le-feu" a été conclu avec le gouvernement syrien pour faire sortir les civils et les rebelles encore pris au piège à Alep. Mais mercredi matin, ces évacuations n’avaient toujours pas commencé et des bombardements étaient encore entendus.

"J’espère que vous vous souviendrez de nous". "J’espère vraiment que vous pourrez faire quelque chose pour les gens d’Alep, pour ma fille", explique d’abord Abdulkafi Alhamdo dans un message posté sur Facebook. Ce professeur syrien est bloqué dans Alep Est et il lance un appel à l’aide. "J’espère que vous pourrez faire quelque chose pour stopper les massacres", poursuit-il avant de s’en prendre à l’ONU et à la communauté internationale, coupables, selon lui, de "n’avoir rien fait".

Après une longue respiration, Abdulkaki reprend son message en utilisant déjà l’imparfait. "Nous étions des personnes libres. Nous voulions la liberté". Et de conclure par un vœu : "J’espère que vous vous souviendrez de nous". Cette vidéo avait déjà été visionnée plus de 9 millions de fois mercredi matin.

"Ceci est peut-être mon dernier message". Depuis le début de la semaine, ces appels à l’aide se multiplient sur la toile. "Nous sommes ici exposés à un génocide", assure Lina Shamy d’une voix stressée. "Ceci est peut-être mon dernier message. Plus de 50.000 civils qui se sont révoltés contre le dictateur al-Assad sont menacés d'exécution ou risquent de mourir sous les bombes. Nous sommes coincés dans une zone de moins de deux km², sans endroit sûr. Chaque bombe est un nouveau massacre."



"Le monde doit agir maintenant". Sur Twitter, les vidéos se partagent avec les mêmes mots-clés : #SaveAleppo ("Sauvez Alep") et #SaveHumanity ("Sauvez l’Humanité"). Chacun à sa manière essaie de témoigner de l’horreur de cette guerre. C’est le cas du journaliste syrien Salah al-Ashkar qui raconte les massacres à Alep depuis déjà plusieurs mois. "Voilà à quoi ressemble Alep ce lundi 12 décembre", explique-t-il devant des ruines à perte de vue. "Le monde doit agir maintenant".