"Dépeceur" : l'extradition pourrait être facilitée

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"Dépeceur" : l'extradition pourrait être facilitée
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Le Canada va demander l'extradition du "dépeceur" qui ne s'y oppose pas a priori.

Quels faits sont reprochés au "dépeceur" ? Luka Rocco Magnotta est accusé de meurtre prémédité et d'outrage à cadavre. Surnommé "Canadian Psycho" par la presse de son pays, ce Canadien de 29 ans aurait tué un étudiant chinois, Jun Lin, 32 ans, dans la nuit du 24 au 25 mai, avant de partir pour la France le 26 mai.

Il est suspecté d'avoir mis en ligne sur Internet une vidéo qui montre le meurtre, à l'aide d'un pic à glace, d'un homme ligoté, puis le dépeçage de son corps, le tout sur l'air d'une chanson du film "American Psycho". Des morceaux de corps ont ensuite été envoyés la poste à des partis politiques canadiens.

Quelles sont les circonstances de son arrestation ? Il a finalement été arrêté lundi à Berlin en vertu d'une "notice rouge" d'Interpol qui, selon la loi allemande, équivaut à une demande provisoire du Canada de son extradition.

Le Canada va formuler une demande d'extradition auprès du gouvernement allemand, conformément au traité en vigueur entre les deux pays. Les responsables canadiens du ministère de la Justice chargés de la coopération internationale travaillent actuellement avec les collaborateurs du procureur général du Québec à réunir les documents nécessaires.

Quels accords d'extradition existent entre l'Allemagne et le Canada ? Le traité d'extradition qui existe entre Berlin et Ottawa stipule que le Canada dispose d'un délai de 60 jour pour faire sa demande d'extradition. Pendant ce temps, Luka Rocca Magnotta restera détenu en Allemagne.

Sa première comparution devant un tribunal a eu lieu mardi matin à Berlin. Le ministère de la Justice canadien a d'ailleurs indiqué qu'il se tiendrait informé de l'évolution de cette affaire devant les tribunaux allemands.

De quelles options dispose Luka Magnotta ? Une fois la demande d'extradition faite par le Canada, le suspect pourra soit la contester, soit se rendre volontairement aux autorités canadiennes. Au vu de ses premières déclarations, le "dépeceur de Montréal" a choisi de ne pas s'opposer à cette extradition.

Selon l'avocat criminaliste de Montréal Jean-Claude Hébert, "étant donné les traces qu'il a laissées un peu partout et l'auto-incrimination, ça devient plus difficile de prétendre que la demande canadienne est mal fondée".

Combien de temps peut prendre l'extradition ? Tout dépend justement de la position qu'adoptera Luka Rocco Magnotta. Sur le site du quotidien canadien La Presse, le pénaliste admet cependant que "si Magnotta décide de contester complètement, vigoureusement, oui, ça peut prendre plusieurs mois avant que la décision soit rendue".

Un avis partagé par d'autres spécialistes du droit interrogés par la presse canadienne. Pour l'avocat de Vancouver Gary Botting, la procédure d'extradition pourrait durer plus de deux ans si le suspect s'oppose à chaque étape.