De Pokémon Go à "Syria Go", l’autre réalité

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De Pokémon Go à "Syria Go", l’autre réalité
@ Moustafa Jano Janographic
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Un artiste syrien, réfugié au Danemark, surfe sur la frénésie autour de l’application Pokémon Go pour attirer l’attention sur son pays détruit par la guerre.

L’idée est osée, mais le message, lui, au moins est passé. Surfant sur la frénésie autour de l’application Pokémon Go, qui propose à ses utilisateurs de partir à la chasse aux Pokémons dans une réalité augmentée, Saif Aldeen Tahhan, un réfugié syrien, installé au Danemark, propose de retrouver, dans les ruines de Syrie, les objets du quotidien auxquels la population n’a plus accès.

"Sauver des vies est plus important que chasser des Pokémons"

"Les gens sont devenus complètement fous avec cette application, ils ne pensent qu'à ça ! Je me suis donc servi de cette idée pour faire passer mon message. J'estime que sauver des vies est plus important que chasser des Pokémons !", a confié Saif Aldeen Tahhan, au site d’information L’orient-Le jour.

"Chaque objet représente un droit fondamental"

Ainsi, dans la version imaginée par l’artiste, le joueur évolue dans les ruines d’une école pour y retrouver les livres et cahiers des enfants, ou encore en mer Méditerranée où l’utilisateur retrouve la bouée de sauvetage pour les migrants qui ont pris place dans une embarcation fragile.

"Chaque objet représente un droit fondamental auquel les Syriens n'ont malheureusement plus accès. Le livre, par exemple, fait référence au droit à l'éducation car 40% des enfants syriens âgés de 6 à 17 ans ne vont pas à l'école.", explique Saif Aldeen Tahhan à L'Orient-Le Jour.

Le web designer n’est pas le seul à s’être inspiré de la folie Pokémon Go pour attirer l’attention sur la Syrie. En Suède, un autre artiste syrien, Moustafa Jano a lui aussi utilisé le concept du Pokémon Go pour parler de son pays. Ses oeuvres montrent le voyage des réfugiés syriens sur terre, en mer, accompagnés d'un Pokémon à la mine triste.  

L’agence de communication pro-rebelles, RFS, pour The Revolutionary Forces of Syria Media Office, a, elle, utilisé des dessins de Pokémons dans des photos postées sur son compte Twitter.

On y voit des enfants syriens poser dans les ruines de leur maison ou de leur école, tenant entre les mains un dessin de Pokémon, accompagnés d’un message : "Je suis en Syrie, sauvez-moi".