Dans une prison belge, le groupe État islamique recrute par courrier

  • A
  • A
Dans une prison belge, le groupe État islamique recrute par courrier
@ NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Partagez sur :

La lettre, qui proposait à un détenu de rejoindre l'EI contre "un lopin de terre", était accompagnée d'un guide pour entrer en Syrie. 

La justice belge a ouvert une enquête sur un cas inédit de recrutement pour le compte du groupe État islamique par le biais d'une lettre envoyée à un détenu dans une prison bruxelloise, ont indiqué mercredi l'administration pénitentiaire et le parquet fédéral belge. "On n'a pas connaissance d'un précédent", a déclaré Kathleen Van De Vijver, porte-parole de l'administration pénitentiaire belge.

Rejoindre les zones de combat pour "trouver un but à sa vie". Un détenu de la prison de Saint-Gilles, dans l'agglomération bruxelloises, a découvert début septembre un courrier glissé sous la porte de sa cellule. La lettre, qui lui proposait de rejoindre l'EI contre la promesse d'"un lopin de terre", était "accompagnée d'un guide pour entrer en Syrie", a rapporté l'agence Belga. "Cette lettre timbrée l'invitait à rejoindre les zones de combat pour 'trouver un but à sa vie'", a précisé de son côté le quotidien régional La Capitale, qui a révélé l'information. "Le pli postal était accompagné de la photographie d'un combattant armé et proposait de prendre contact avec une personne en particulier en région bruxelloise", a ajouté ce journal.

Le destinataire, pas connu pour des faits de terrorisme. Une enquête judiciaire a été ouverte pour tenter d'identifier le ou les expéditeurs. Le détenu destinataire du courrier n'est pas connu pour des faits de terrorisme, selon Kathleen De Vijver. Son incarcération est liée à "des affaires de drogue et de vols", a souligné Belga.

Plus de 400 Belges en zone irako-syrienne

La Belgique compte, avec la France, parmi les pays européens les plus concernés par la radicalisation islamiste et les départs vers la zone irako-syrienne. Quatre cent douze Belges se sont rendus dans la zone ces dernières années, et seulement 30% d'entre eux sont revenus en Belgique, selon les derniers chiffres officiels. Parmi les 288 combattants belges restés sur place, 126 sont présumés morts.