Danemark : l'extrême-droite en première ligne

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Danemark : l'extrême-droite en première ligne
Helle Thorning-Schmidt avant les résultats des législatives au Danemark jeudi 18 juin@ AFP/SCANPIX DENMARK/Asger Ladefoged
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La Premier ministre danoise Helle Thorning-Schmidt a été battue par une coalition de droite lors des législatives de jeudi.

Les Danois ont refusé un deuxième mandat à leur Premier ministre Helle Thorning-Schmidt à l'issue des élections législatives de jeudi. Une coalition de droite prendra probablement la suite du gouvernement social-démocrate. Le chef de l'opposition, le président du Parti libéral Lars Løkke Rasmussen, a proposé vendredi de former le prochain gouvernement mais il devra sans doute consentir des concessions importantes au Parti populaire danois (DF). Ce parti eurosceptique et xénophobe a obtenu plus de voix que le Parti libéral.

Helle Thorning-Schmidt démissionne. Après dépouillement de tous les bulletins de vote en métropole, les partis de droite ont remporté 90 sièges tandis que les partis du centre gauche, qui soutenaient Helle Thorning-Schmidt, obtiennent 85 sièges. La Premier ministre, qui avait compté à tort sur la reprise économique pour être réélue, a concédé sa défaite et démissionné de la tête de son parti, les Sociaux-démocrates. "Nous n'avons pas gagné les élections et nous avons été battus au finish", a lancé à ses partisans la chef du gouvernement, au pouvoir depuis 2011. "Le leadership, c'est de savoir démissionner au bon moment. Et ce moment c'est maintenant", a-t-elle ajouté.

La droite populiste au gouvernement ? DF, qui devient le deuxième parti derrière les Sociaux-démocrates, a soutenu les Libéraux au gouvernement par le passé. Il faudra à Rasmussen  encore ce soutien pour obtenir la majorité absolue au Parlement. "Ce soir, on nous a donné une chance, mais seulement une chance, de prendre le leadership au Danemark", a déclaré Lars Løkke Rasmussen. "Ce que je propose aujourd'hui, c'est de me mettre à la tête du gouvernement". 

Le score de DF était attendu mais le parti n'a pas dit s'il souhaitait entrer au gouvernement, ce qui serait une première depuis sa création il y a 20 ans, ou s'il se contenterait d'un soutien sans participation, comme par le passé.

Si le Parti libéral et DF sont d'accord sur de nombreux points, ils sont en désaccord sur les finances publiques. Le premier veut les geler tandis que le parti populiste veut les augmenter. "Ce que nous avons dit avant l'élection est aussi que ce que nous suivrons près l'élection, à savoir que nous serons là ou l'influence politique est la plus grande", a déclaré son chef de file, Kristian Thulesen Dahl. "Si c'est dans un gouvernement, alors c'est là où nous serons. Si c'est en dehors du gouvernement, alors c'est là où nous serons. C'est ça le moteur pour nous, pas les titres ministériels", a-t-il ajouté.

Vers un référendum sur l'UE. Sans être au gouvernement, le DF a déjà donné le tempo sur certains thèmes. Les grands partis, de gauche à droite de l'échiquier politique, ont tous évoqué la réduction de l'immigration. Par ailleurs, le DF a obtenu des partis de droite qu'ils acceptent de soutenir le projet de réforme de l'Union européenne du Premier ministre britannique David Cameron. Le parti populiste veut aller plus loin et souhaite aussi pour le Danemark un référendum sur son maintien ou pas dans l'Union européenne, à l'instar de la consultation qui est prévue sur le sujet au Royaume-Uni en 2017.