Crimée : "j’ai l’impression de vivre sous l’occupation"

  • A
  • A
Crimée : "j’ai l’impression de vivre sous l’occupation"
@ REUTERS
Partagez sur :

REPORTAGE - En Crimée, des Ukrainiens, minoritaires, confient leurs craintes à Europe 1.

L’INFO. En Crimée, la minorité ukrainienne ne représente que 25% de la population. Et depuis que cette péninsule ukrainienne est en état de quasi-sécession, elle vit dans la peur. Le 16 mars, les habitants de la région doivent se prononcer sur un possible rattachement à la Russie. La tension est encore montée d’un cran jeudi, quand plusieurs chaînes ukrainiennes ont été purement et simplement coupée en Crimée.

>> L’envoyé spécial d’Europe 1 dans la péninsule a rencontré des Ukrainiens de Crimée à Simféropol.

"On a dû arrêter de travailler". Devant sa télévision, Alexander, journaliste, ne trouve plus la chaîne pour laquelle il travaille, Chernomorka, réputée en Crimée pour son indépendance et ses programmes en langue ukrainienne. "Ceux qui ont le câble peuvent encore la regarder mais les autres n’ont plus qu’un écran noir", explique-t-il, certain qu’elle sera bientôt remplacée par une chaîne pro-russe. "Des hommes armés sont venus, des miliciens comme ceux que l’on croise en ville. Ils nous ont menacés et on a dû arrêter de travailler", raconte le reporter.



Crimée : les craintes de la minorité ukrainiennepar Europe1fr

A Simféropol, il est presque impossible de prononcer le moindre mot en ukrainien : "les gens  vous regardent bizarrement, je ne me sens pas à l’aise", confie Olga, qui vient de l’ouest de l’Ukraine. "Depuis quelques jours on essaie de se faire discrets, on parle plus bas, on a peur des mauvaises réactions", décrit-elle.

"Il n’y a plus de liberté". Natalia, elle aussi originaire d'une région où les Ukrainiens sont majoritaires, assure carrément avoir "l’impression de vivre sous l’occupation" : "il n’y a plus de liberté pour les Ukrainiens, ils vous traitent de fasciste". Pas question pour ces Ukrainiens de manifester : c’est trop dangereux. Alors certains envisagent de partir ailleurs dans le pays, ou même de demander l’asile à l’étranger. 

sur le même sujet, sujet,

PRE CARRE - Pourquoi l'Allemagne est en première ligne sur l'Ukraine

L'ACTU - Un référendum pour rattacher la Crimée à la Russie

ANALYSE - Vers un scénario de Guerre Froide en Crimée ?