Crash : l'entourage de Kaczynski accusé

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Crash : l'entourage de Kaczynski accusé
Le crash de l'avion du président polonais Lech Kaczynski en avril dernier à Smolensk avait causé la mort des 96 occupants.@ Reuters
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Le crash de l’avion du président polonais, en avril 2010, serait dû aux pressions sur le pilote.

La responsabilité du crash de l'avion du président polonais Lech Kaczynski en avril 2010 à Smolensk, en Russie, incombe exclusivement à la partie polonaise, selon un rapport russe rendu public mercredi. Les enquêteurs indiquent que l'équipage a voulu atterrir malgré des conditions météorologiques trop mauvaises par les contrôleurs aériens russes.

"La présence dans le cockpit de hauts responsables - le chef de l'armée de l'air et le chef du protocole - ainsi qu'une réaction négative attendue de la part du principal passager (Lech Kaczynski) ont constitué une pression psychologique sur l'équipage, influençant sa décision de procéder à un atterrissage dans des conditions inappropriées", a assuré Tatiana Anodina, la chef russe du Comité intergouvernemental d'aviation, à l’origine du rapport.

"Des insuffisances significatives"

La reconstitution du vol, dont une simulation a été montrée mercredi, indique que l'équipage a ignoré les mises en garde russes et celles du système d'alerte automatique de l'avion qui lui signifiait "PULL UP" ("Remontez" en anglais) peu avant le crash.

Les manquements dans la formation des pilotes sont également pointées du doigt. "Les causes de l'accident (...) sont dues à des insuffisances significatives dans l'organisation du vol et dans la préparation des membres de l'équipage", a souligné Tatiana Anodina.

"Un camouflet pour la Pologne"

Des explications très mal accueillies en Pologne. Ce rapport est "un camouflet pour la Pologne", a déclaré Jaroslaw Kaczynski, chef de l'opposition conservatrice polonaise, et frère jumeau de Lech Kaczynski. "C'est la conséquence d'avoir laissé l'enquête aux mains des Russes. Le rapport rend responsables les pilotes et la Pologne, de manière unilatérale et sans preuves. Beaucoup de questions restent sans réponses", a-t-il affirmé.

Le ministre polonais de l'Intérieur Jerzy Miller a pour sa part tenté de calmer le jeu en déclarant que son gouvernement ne contestait pas les conclusions russes sur la responsabilité polonaise dans la catastrophe.