Prix Nobel : coup de tonnerre sur le comité

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Prix Nobel : coup de tonnerre sur le comité
@ DANIEL SANNUM LAUTEN / AFP
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Thorbjørn Jagland, président du comité, va redevenir simple membre, une déchéance sans précédent.

Dans l’histoire du prix Nobel de la paix, c’est une première. Thorbjørn Jagland, président depuis 2009 du comité chargé de décerner chaque année le prestigieux prix, a été rétrogradé mardi au rang de simple membre. Une déchéance sans précédent pour cet ancien Premier ministre travailliste norvégien dont le mandat à la tête du comité Nobel a été marqué par plusieurs polémiques.

Une réunion très secrète. Impossible de savoir ce qu’il s’est dit lors de la réunion des membres du comité : "conformément à la tradition, je ne vais pas commenter ni rendre compte de ce qui s’est dit au cours de la réunion", a simplement expliqué Kaci Kullman Five, la nouvelle présidente, qui était jusqu’ici vice-présidente. Thorbjørn Jagland, lui, refuse de répondre aux questions.

Tout ce que l’on sait, c’est que cette réunion, la première de l’année, avait pour objet de déterminer la distribution des rôles au sein du comité et de passer en revue les candidatures au prix Nobel de la paix pour 2015. La composition du comité, désigné par le Parlement norvégien, reflète celle de la Chambre, passée à droite en 2013. C’est ce basculement qui a rendu possible le changement de direction. 

Des prix et des polémiques. Mais au-delà de la politique, Thorbjørn Jagland a peut-être été victime des polémiques qui ont jalonné sa période à la tête du comité. Car les choix du Nobel ont souvent créé la controverse ces dernières années. En 2009, le prix a ainsi été remis à Barack Obama, qui venait tout juste d’être élu président des Etats-Unis. Thorbjørn Jagland avait alors dû se justifier en citant le testament d’Alfred Nobel, mort en 1895, qui souhaitait récompenser chaque année la personne qui aurait fait le plus pour "la fraternité entre les nations, l’abolition ou la réduction des armées permanentes et pour la réunion ou la propagation des congrès pacifistes". 

En 2010, c’est le choix du dissident emprisonné Liu Xiaobo qui lui avait valu une volée de bois vert de la part de la Chine. Mais aussi dans son propre pays, selon le site norvégien Thelocal.no. En septembre, Thorbjørn Jagland assurait même que l’animosité à son égard "prenait sa source dans le prix Nobel accordé à Liu Xiaobo". 

Thorbjørn Jagland était aussi sur la sellette en raison de son autre poste, celui de président du Conseil de l’Europe, chargé de défendre les valeurs démocratiques. Une double casquette très critiquée par ses détracteurs, pour qui la présence de la Russie au Conseil de l’Europe explique la réticence de Thorbjørn Jagland à couronner des opposants à Vladimir Poutine. 

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