Coup d'Etat réussi au Niger

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Coup d'Etat réussi au Niger
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EXCLU - Mamadou Tandja, le président nigérien, a été déposé. Un militaire va lui succéder.

Le Niger a été le théâtre d'un coup d’Etat jeudi. Selon plusieurs témoins, des tirs à la mitrailleuse et à l'arme lourde ont éclaté à la mi-journée à Niamey, la capitale, et de la fumée s'est élevée du palais présidentiel. Rapidement, une source diplomatique française indiquait que le président Mamadou Tandja était "entre les mains des mutins". Selon les informations d'Europe 1, le chef de l'Etat a été déposé par les assaillants.

La junte qui a pris le pouvoir jeudi a lancé un appel au calme et a décrété la fermeture des frontières. Baptisée Conseil suprême pour le rétablissement de la démocratie (CSRD), elle semble être est dirigée par Saliou Djibo.

Un Conseil militaire a annoncé à la radio d'Etat nigérienne la suspension de la Constitution.

La France a appelé ses ressortissants présents sur place à rester confinés chez eux. "En raison des événements en cours à Niamey, il est vivement déconseillé de se rendre actuellement au Niger ou d'y effectuer un transit", peut-on lire sur le site internet du ministère des Affaires étrangères.

Réforme constitutionnelle

Mamadou Tanja était un président très discuté. Au pouvoir depuis 1999, il a dissout en août 2009 le Parlement et fait adopter par référendum une réforme constitutionnelle qui lui a permis de se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son deuxième mandat de cinq ans, qui a expiré en décembre.

La réforme a éliminé une bonne partie des freins à l'autorité de Mamadou Tandja en supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels et en lui accordant trois ans de pouvoir supplémentaires sans avoir à se présenter à nouveau devant les électeurs.

Uranium

La Cour constitutionnelle nigérienne a déclaré ce vote illégal. Mamadou Tandja a répliqué en remplaçant tous les membres de l'instance judiciaire par des membres nommés par ses soins. En octobre 2009, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a suspendu le Niger, et en décembre de la même année, les Etats-Unis ont supprimé les avantages commerciaux qu'ils accordaient au pays.

Mais en dépit de la crise politique et de soulèvements touaregs occasionnels, de grands groupes tels que le français Areva ou le canadien Cameco ont investi des milliards de dollars au Niger, qui recèle d'importants gisements d'uranium.