Côte d'Ivoire : une crise politique devenue militaire

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Côte d'Ivoire : une crise politique devenue militaire
@ REUTERS
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CHRONO - Laurent Gbagbo a été arrêté par les hommes d'Alassane Ouattara après 4 mois de crise.

21 mai : Ouattara investi officiellement. Alassane Ouattara a été investi à Yamoussoukro président de la Côte d'Ivoire, tournant définitivement une page dans la crise ivoirienne. Il promet de "rassembler les Ivoiriens", après six mois d'une crise meurtrière née du refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010.

7 mai : Gbagbo devant la justice. L'ex-président a été entendu par la justice à Korhogo, où il se trouve en résidence surveillée. Son épouse, Simone Gbagbo, a été entendue le lendemain.

4 mai : Le quartier de Yopougon à Abidjan, dernier bastion des miliciens et des mercenaires libériens pro-Gbagbo, passe sous contrôle des FRCI fidèle à Alassane Ouattara.

15 avril : Gbagbo demande à être traité avec humanité. Le collectif des avocats de Laurent Gbagbo a demandé vendredi que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) puisse s'assurer que le président ivoirien déchu et son entourage sont traités avec humanité.Par ailleurs, un temps annoncée, l'arrestation de Charles Blé Goudé arrêté, ancien leader des Jeunes Patriotes partisans de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, a été démentie.

14 avril : Ouattara n'occupera pas le palais présidentiel avant plusieurs semaines. Le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, qui avait dit vouloir s'installer au palais présidentiel d'Abidjan rapidement, ne pourra pas le faire avant "plusieurs semaines" en raison de l'état du bâtiment.

13 avril :Laurent Gbagbo transféré dans le nord. L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a été transféré dans le nord du pays. Son successeur Alassane Ouattara a de son côté demandé à la Cour pénale internationale d'enquêter sur des accusations de massacres visant notamment ses partisans.

12 avril : Mort de Désiré Tagro, l'un des proches de Laurent Gbagbo. Celui qui avait été le ministre de l'Intérieur et le secrétaire général de la présidence ivoirienne est décédé après avoir été passé à tabac. La priorité d'Alassane Ouattara est de rétablir la sécurité dans la capitale économique ivoirienne, livrée aux pilleurs. Des patrouilles de gendarmerie ivoiriennes et françaises vont circuler dans la ville pour montrer qu'un "Etat de droit se met en place". Nicolas Sarkozy estime que la France a "fait son devoir en Côte d'Ivoire".

11 avril : Laurent Gbagbo a été arrêté. Laurent Gbagbo, l'ancien président ivoirien, a été arrêté lundi à Abidjan par les forces de Ouattara et conduit à l'Hôtel du Golf, QG de son rival. Pour Paris, l'arrestation de Gbagbo a été une affaire entre Ivoiriens. Le président Alassane Ouattara a appelé les ivoiriens à "s'abstenir de tout acte de violence". Le chef de l'Etat a précisé qu'une "procédure judiciaire" serait engagée contre Laurent Gbagbo et ses proches. Alassane Ouattara a également annoncé la création d'une "commission vérité et réconciliation".

10 avril : La résidence de Gbagbo en partie détruite. Des hélicoptères de combat des Nations unies et de la force française "Licorne" sont intervenus à Abidjan pour neutraliser "les armes lourdes" des partisans de Laurent Gbagbo, qui avaient visé la veille l'hôtel du Golf, quartier général d'Alassane Ouattara. La résidence de Gabgbo aurait été partiellement détruite. En France, le porte-parole du PS Benoît Hamon a demandé des éclaircissements sur le rôle de la force armée française Licorne, mettant en question son engagement auprès d'Alassane Ouattara dont le camp est soupçonné de massacres.

9 avril : Gbagbo gagne du terrain. Le président sortant Laurent Gbagbo a gagné du terrain samedi. La radio-télévision ivoirienne (RTI), réduite au silence depuis quelques jours en raison de la progression soudaine des forces d'Alassane Ouattara, a de nouveau émis un appel en faveur de celui qui est au pouvoir en Côte d'Ivoire depuis octobre 2000.

8 avril : Gbagbo résiste toujours. Bien qu'Alassane Ouattara ait annoncé que la Côte d’Ivoire est en train de tourner la page de l'ère Gbagbo, ce dernier a fait comprendre qu’il ne comptait pas lâcher prise, restant barricadé dans son palais et traitant Ouattara "d'imposteur". Les troupes fidèles au président sortant ont par ailleurs regagné du terrain à Abidjan dans la soirée. Ses soldats sont toujours en possession de chars et d'"armes lourdes", a précisé l'ONU, et accusés d'avoir attaqué la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan. Le camp Gnagbo dément

7 avril : La France a exfiltré l'ambassadeur du Japon.La Licorne est intervenue à la demande de l'ONU après l'intrusion de membres des forces pro-Gbagbo dans la résidence japonaise. L'opération a duré moins d'une heure. Alassane Ouattara, le président élu de Côte d'Ivoire, a annoncé jeudi soir qu'un blocus avait été établi autour du palais présidentiel, dans lequel Laurent Gbagbo s'est retranché. L'objectif de la manoeuvre est, a-t-il déclaré, "de sécuriser les habitants de ce quartier" d'Abidjan. De nombreuses mesures pour faciliter la vie quotidienne ont par ailleurs été annoncées.

6 avril : Assaut contre Gbagbo et confusion sur les négociations. Après l'échec des négociations visant au départ de Laurent Gbagbo, les forces d"Alassane Ouattara ont décidé de lancer l'"assaut final" contre sa résidence, en vain. La France a, de son côté affirmé ne pas participer à ces combats. Alors que Paris confirme l'échec des négociations avec Laurent Gbagbo, l'ONU affirme continuer à discuter avec le président sortant de Côte d'Ivoire pour obtenir une reddition. La Cour pénale internationale, de son côté, pourrait lancer une enquête sur les massacres perpétrés dans l'Ouest du pays. A Abidjan, la tension a augmenté d'un cran, les diplomates commencent à quitter la ville.

5 avril : Gbagbo serait prêt à se rendre. Les forces d'Alassane Ouattara ont livré un "assaut final sur Abidjan" où des combats très violents font rage. Les forces de l'ONU et de la France ont bombardé les derniers bastions de Laurent Gbagbo, avant un cessez-le-feu. Dans l'après-midi, des tirs sporadiques se faisaient toujours entendre, selon des témoins. Pendant ce temps, retranché dans un bunker, le président sortant négocie un éventuel départ. Si un représentant de l'ONU évoque son désir de se rendre, Laurent Gbagbo, lui, a démenti cette information sur LCI. Il refuse par ailleurs toujours de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à la denière élection présidentielle.

4 avril : Deux Français enlevés à Abidjan. Les forces françaises et internationales se placent désormais aux côtés des hommes d'Alassane Ouattara et préparent un assaut final sur la capitale économique. Une situation qui inquiète au plus haut point la communauté française présente sur place, dont deux ressortissants ont été enlevés en fin de journée.

3 avril : Regroupement des Français à Abidjan. Face aux violents combats qui se poursuivent dans la capitale économique, Nicolas Sarkozy a ordonné le regroupement des quelque 12.000 Français installés dans la capitale économique ivoirienne. Leur rapatriement est à l’étude.

2 avril : la bataille d'Abidjan. Les combats se sont poursuivis, en particulier à Abidjan. Les camp pro-Ouattara et pro-Gbagbo perdent tous les deux des points dans la bataille médiatique qu'ils se livrent : les massacres perpétrés à Duékoué, dans l’Ouest du pays, ternissent l'image du premier, tandis les partisans du second ont pris pour cible et grièvement blessé quatre soldats de l’ONU.

1er avril : Gbagbo ne veut pas partir. Les appels à quitter le pouvoir lancés à Laurent Gbagbo se sont multipliés. Outre la France, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'ONU et les Etats-Unis ont fait de même. Mais un des porte-parole de Laurent Gbagbo a répété que ce dernier n'"abdiquerait pas" et qu'il était toujours vendredi soir dans "sa résidence" d'Abidjan avec toute sa famille, démentant des rumeurs de départ.

31 mars : l’ultimatum. Les forces pro-Ouattra venues du nord du pays entrent dans Abidjan, tandis que Guillaume Soro lance un ultimatum à Laurent Gbagbo. Mais ce dernier ne quitte pas le pouvoir, son palais est pris d’assaut dans la nuit.

30 mars : l'ONU vote des sanctions. Face à l'intransigeance de Gbagbo, l'ONU vote de nouvelles sanctions, principalement contre son entourage proche.

28 mars : la reconquête des pro-Ouattara. Début d'une vaste offensive des forces républicaines en direction d’Abidjan. La capitale politique Yamoussoukro et le premier port d'exportation de cacao au monde, San Pedro, sont repris.

17 mars : répression sanglante à Abidjan.L'Onuci et la France accusent les forces Gbagbo d'avoir tué entre 25 et 30 civils en pilonnant le quartier d'Abobo. Deux jours plus tôt, c'est le G8 qui exprimait son inquiétude et évoquait de nouvelles sanctions.

3 mars : des manifestantes prises pour cible. La violence monte d'un cran dans les rues, sept femmes sont tuées lors d'une manifestation pro-Ouattara dans le quartier d'Abobo à Abidjan. Des témoins, le camp Ouattara et l'Onuci accusent les Forces de défense et de sécurité (FDS). Les militaires pro-Gbagbo affrontent depuis mi-février des insurgés pro-Ouattara d'abord à Abobo, puis dans d'autres quartiers d'Abidjan.

17 février : Gbagbo financièrement acculé.A la crise politique s'ajoute une crise économique. Gbagbo annonce la nationalisation des filiales des banques françaises BNP Paribas et Société Générale, qui ont fermé après la déstabilisation du système bancaire causée par la rupture entre la banque centrale ouest-africaine BCEAO et Abidjan.

2 février : extension de la liste de sanctions de l'UE.

28 janvier : l’UA entre en jeu. L’Union africaine met en place d'un "panel" de chefs d'Etat sur la crise.

18 janvier : l'ONU harcelée. L'Onuci dénonce des "actes répétés d'agression contre ses patrouilles". Le lendemain, elle vote l'envoi de 2.000 hommes supplémentaires et demande la levée du blocus du QG de Ouattara.

06 janvier 2011 : violences et pressions financières. Washington gèle les avoirs de Gbagbo, l'UE dresse la liste de 59 proches de Laurent Gbagbo, dont des Français. De nombreux Ivoiriens sont assassinés par des mercenaires et des miliciens de Laurent Gbagbo", accuse Alassane Ouattara dans une interview accordée à Europe 1. Un ancien diplomate évoque même des tentatives d'assassinat contre Alassane Ouattara. Laurent Gabgbo menace la communauté internationale d'une guerre civile.

24 décembre : la Cédéao hausse le ton. L’organisation ouest-africaine multiplie les médiations et menace d'user de la force pour chasser Gbagbo, en vain. Alassane Ouattara s'installe progressivement sur la scène international et prend le contrôle de l'ambassade ivoirienne à Paris.

22 décembre : les Français évacués. Le gouvernement recommande à "tous les Français qui le peuvent de quitter provisoirement la Côte d'Ivoire". Deux jours auparavant, l'UE interdit de séjourLaurent Gbagbo et ses proches de séjour sur son territoire.

18 décembre : les menaces de Gbagbo. Le président sortant axe sa communication sur l’indépendance du pays contre la communauté internationale et l’ancienne colonie : il exige le départ de la mission de l'ONU (Onuci) et de la force française Licorne.

16 décembre : Ouattara sous blocus. Échec d'une marche des partisans de Ouattara sur la télévision d'Etat, gardée par les forces pro-Gbagbo, réprimée dans le sang. Le Golf Hôtel, QG de Ouattara, est soumis à un blocus, dans le reste de la ville, les rues sont désertés.

7 décembre : les pays africains prennent parti. La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) suspend la Côte d'Ivoire et demande à Gbagbo de "rendre le pouvoir", suivie par l'Union africaine. Les Etats-Unis, la France et l'ONU accusent également Gbagbo de s'accrocher au pouvoir.

4 décembre : la Côte d’Ivoire a deux présidents. Malgré des résultats contestés, Gbagbo est investi chef de l'Etat. Ouattara prête aussi serment "en qualité de président" et reconduit Guillaume Soro Premier ministre. Il est reconnu par la France, le pays connait des premières violences.

3 décembre : début de la crise électorale.Gbagbo est proclamé vainqueur (51,45%) par le Conseil constitutionnel, alors que l'ONU reconnaît la victoire de Ouattara. L'UE, la France et les Etats-Unis félicitent Ouattara et demandent à Gbagbo de s'incliner. Les Ivoiriens craignent, eux, un retour des violences.

2 décembre : Ouattara remporte l’élection présidentielle. La Commission électorale annonce la victoire de Ouattara (54,1%), résultat rejeté par le Conseil constitutionnel acquis à Gbagbo.

28 novembre : un scrutin sous haute tension.Second tour de la présidentielle entre le président sortant Laurent Gbagbo et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara. Les deux camps s'accusent d'avoir empêché les électeurs de voter dans certaines régions.

04 novembre 2010 : résultat du premier tour. Le président sortant Laurent Gbagbo et l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara arrivent en tête du premier tour des élections présidentielles.

2007 : accords de Ouagadougou. Les forces rebelles, qui tiennent le nord du pays, et Laurent Gbagbo signent un accord qui met en place un gouvernement d'union nationale, avec Guillaume Soro pour Premier ministre. Mais cet accord ne met pas fin à la crise, le président Gabgbo conservant dans les faits les rennes du pouvoir.

2004 : les forces françaises prisent pour cible. Des mercenaires employés par l'aviation ivoirienne bombarde la base française de Bouaké, faisant neuf morts. La crise se focalise sur les sentiments anti-français.

2003 : premier accord de paix. Les accords de Marcoussis entre les rebelles et le camp de Laurent Gabgbo fige la partition du pays en deux et prévoient l'organisation d'élections présidentielles.

2002 : début de guerre civile. Tentative de coup d'État par les rebelles du Nord, suivis d'affrontements militaires. Pris pour cible, les expatriés sont protégés par les forces française de la mission Licorne.

2000 : élection contestée de Laurent Gbagbo. Il est élu dans un climat de vives tensions, son principal adversaire, Alassane Ouattara, n'ayant pas pu se présenter en raison du concept nationaliste d'Ivoirité, qui exclut de la course à la présidence toute personnes d'origine étrangère.