Côte d’Ivoire : un scrutin déterminant

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Côte d’Ivoire : un scrutin déterminant
@ REUTERS
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L’élection présidentielle, très attendue, voit s’affronter trois ténors de la politique ivoirienne.

Après six reports et huit années de crise politique, les Ivoiriens ont voté dimanche pour le premier tour de l’élection présidentielle. Les 5,7 millions d’électeurs devaient choisir entre 14 candidats.

Parmi eux, trois ténors de la vie politique de leur pays : l’actuel président Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis dix ans, l’ancien chef de l’Etat Henri Konan Bédié et l'ancien 1er ministre Alassane Ouattara.

Ce scrutin, déterminant pour l’avenir du pays, est à hauts risques. Il est censé mettre fin à une crise née du putsch manqué, en 2002, qui avait entraîné une guerre et coupé le pays en un sud loyaliste et un nord tenu par l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) de Guillaume Soro, Premier ministre depuis un accord de paix datant de 2007.

"Respecter les résultats"

La campagne électorale, close vendredi, a déchaîné les passions. Le scrutin s'est toutefois déroulé "normalement" et "dans le calme" selon les différents observateurs.

La commission électorale indépendante (CEI) a jusqu’à mercredi pour proclamer les résultats, mais a l’ambition de les donner dès lundi. L’objectif est de ne laisser le temps à aucun candidat proclamer sa victoire, sur la base de ses propres comptages. Promettant un comptage des voix "transparent", M. Soro avait appelé samedi les candidats à "respecter les seuls résultats qui seront proclamés par la CEI". "La Côte d'Ivoire a l'opportunité de montrer au monde entier qu'elle est une grande nation", avait-t-il lancé. Chaque candidat s’est en effet déjà dit certain de sa victoire.

Tension autour de la diffusion de SMS

L’agence officielle des télécommunications avait annoncé vendredi la suspension de la diffusion de SMS entre dimanche et mardi. Une annonce qui avait créé des tensions. L’opposition y avait vu le "présage d’une volonté manifeste" du camp Gbagbo de "manipuler les résultats". Mais le Premier ministre Guillaume Soro avait ensuite tenu à assurer que la diffusion des SMS serait finalement "possible" dimanche.

Le deuxième tour doit, si tout se passe bien, se dérouler fin novembre. La communauté internationale suit de près cette élection décisive.