Cop 21 : en Somalie, le dérèglement climatique fait déjà des victimes

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REPORTAGE – La sécheresse menace de famine plus de 270.000 personnes, condamnées à se réfugier dans des camps près de la frontière éthiopienne.

REPORTAGE

Le contexte. Ils étaient 22 millions en 2013, combien seront-ils au moment de la Cop 21 ? Alors que la grande conférence mondiale sur le climat s’ouvre dans quelques semaines à Paris, la question des réfugiés climatiques refait surface dans les débats. Le Conseil norvégien pour les réfugiés, une institution indépendante, avait comptabilisé 22 millions de nouveaux "réfugiés climatiques" sur l’année 2013. Qu’en sera-t-il fin 2015 ?

270.000 personnes menacées. Europe 1 s'est rendu dans le Nord-Ouest de la corne de l'Afrique, en Somalie, où le changement climatique touche durement la région. Une terrible sécheresse s’est abattue sur la zone. Depuis presqu’un an il n’a pas plu une seule goutte de pluie. 270.000 personnes sont ainsi menacées par la famine. Alors pour fuir la faim et sauvegarder ce qu’il reste de leurs troupeaux, des milliers de familles errent de camp en camp.

Une malédiction divine. Les bâches en plastique ont remplacé les huttes en paille traditionnelle. Cela fait des années qu’il n’y a plus assez d’herbe pour le tissage, explique Awa. Cette grand-mère a déjà perdu 35 moutons. Dans cette région semi-désertique, à la frontière avec l’Ethiopie, les nomades transportant leur troupeau au gré des pluies. Abdour a perdu 28 vaches sur les trente qu’il possédait. "Il n’a plu que trois jours, je n’ai jamais vu ça", confie-t-il à Europe 1. C’est une malédiction divine, dit le vieil homme.

La déstructuration des sociétés traditionnelles. Mais dans le bureau du programme des Nations Unies pour l’environnement, le directeur général Ibrahim Thiaw est catégorique : les gaz à effet de serre sont responsables de ce dérèglement climatique. "On a constaté que dans beaucoup de régions d’Afrique les saisons ont bougé", explique l’homme à la reporter d’Europe 1. "Les changements climatiques entraînent cette forme de déstructuration, de décomposition des sociétés traditionnelles", dénonce-t-il.

Kaden, réfugiée climatique, est venue s’installer dans un camp de déplacés avec 900 autres familles il y a déjà trois ans. "J’ai perdu mes 34 chameaux, je n’ai plus rien", confie la jeune femme. Au Somaliland on estime que 270.000 personnes sont touchées par la sécheresse. En Éthiopie, le pays voisin, elles seraient 15 millions.