Contraception : un débat à risques aux Etats-Unis

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Contraception : un débat à risques aux Etats-Unis
Le Sénat américain vient de rejeter un amendement controversé limitant l'accès à la contraception.@ REUTERS
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Un amendement controversé limitant l’accès à la contraception a été rejeté par le Sénat.

La polémique pourrait bien coûter cher aux républicains. Aux États-Unis, le Sénat, à majorité démocrate, vient de rejeter un amendement controversé soutenu par les républicains et visant à limiter l’accès à la contraception. A neuf mois de l’élection présidentielle, la question s’invite dans le débat et les républicains risquent fort de voir leur image écornée auprès des femmes. Pour les démocrates, en revanche, le tour pris par la controverse représente une véritable aubaine. Europe1.fr fait le point sur les enjeux de ce débat.

Que dit ce texte controversé ? Ce texte proposé par le républicain Roy Blunt prévoit qu’employés et assureurs puissent refuser toute couverture pour la contraception, pour des raisons religieuses ou morales. Il s’agit d’un amendement à la réforme de Barack Obama sur l’assurance-maladie, promulguée en 2010. Le président américain avait bien proposé un compromis, assurant que les sociétés dépendant d’institutions religieuses ne seraient pas obligées de rembourser la contraception dans leur couverture maladie. Mais cela n’a pas suffi aux républicains, soucieux de plaire à leur base très conservatrice. L’amendement républicain a finalement été rejeté jeudi au Sénat par 51 voix contre 48.

Qu’en pensent les républicains ? De leur point de vue, il s’agit plus de liberté religieuse que de contraception. Mais le terrain est miné, surtout pour les candidats à l’investiture. D’autant plus que d’après un sondage récent, 63% des Américains sont favorables aux mesures sur le remboursement de la contraception issues de la réforme Obama.

Le modéré Mitt Romney a affiché une position ambiguë, affirmant dans un premier temps être opposé à l’amendement Blunt avant de se rétracter. Rick Santorum, chrétien conservateur, s’était quant à lui dit favorable au texte. Mais des observateurs avisés ont noté que le candidat avait récemment ajouté des allusions au rôle des femmes dans la société, citant notamment sa mère.

Et qu’en pensent les démocrates ? Pour les démocrates, ce débat est une excellente occasion "d’embarrasser les républicains" et "d’aliéner les femmes et les modérés du parti républicain", analyse le New York Times.  Ils ont donc multiplié les déclarations publiques condamnant le texte, comme Harry Reid, chef de la majorité démocrate au Sénat, pour qui la mesure est "extrême" et "idéologique". Pour lui, ce texte risquait en outre de toucher d’autres soins, comme les mammographies ou les vaccinations contre la grippe.

La secrétaire d’Etat à la Santé, Kathleen Sebelius, s’est quant à elle fendue d’un communiqué dans lequel elle affirme que "l’administration Obama pense que les décisions concernant la santé devraient être prises entre une femme et son médecin, et non entre une femme et son patron".