Contraception, homosexualité : le (début) de virage du pape

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Contraception, homosexualité : le (début) de virage du pape
@ Reuters
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DOCUMENT - Le pape François a accordé deux interviews aux revues jésuites européennes et américaines.

Il n’accorde quasiment jamais d’interview. Le pape François a accepté de s’entretenir avec le représentant de revues culturelles jésuites européennes et américaines. Au cours de deux entretiens, retranscrits sur le site de la revue française Etudes, François partage sa vision de l’Eglise, des débats de société actuels mais aussi sur les moteurs de sa foi. Le pape opère, ici, un début de virage (attendu) après le pontificat de Benoît XVI marqué par le conservatisme.

Une autre manière de gouverner. Le pape François confie avoir beaucoup remis en question sa manière de diriger la Compagnie de Jésuites, avant de devenir le souverain pontife. "Au départ, ma manière de gouverner comme jésuite avait beaucoup de défauts. C’était un temps difficile pour la Compagnie. Ma manière autoritaire et rapide de prendre des décisions m’a conduit à avoir de sérieux problèmes et à être accusé d’ultra-conservatisme", explique-t-il.
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Une Eglise qui doit changer. Dans cet entretien, le pape François souligne la nécessité pour l’Eglise, de se renouveler. "Au lieu d’être seulement une Eglise qui accueille et qui reçoit en tenant les portes ouverts, cherchons plutôt à être une Eglise qui trouve de nouvelles routes", souligne-t-il, ajoutant "qu’il faut de l’audace et du courage".

L’homosexualité ne doit pas être condamnée. Le pape revient longuement sur l’homosexualité, expliquant avoir reçu des lettres, lorsqu’il était à Buenos Aires, de jeunes homosexuels qui se sentaient rejetés et condamnés par l’Eglise. "L’Eglise ne veut pas de cela", explique le souverain pontife, sans pour autant se dire favorable à l’homosexualité. "Nous ne pouvons pas seulement prendre position sur les questions liées à l'avortement, au mariage homosexuel et à l'utilisation de méthodes contraceptives. Cela n'est pas possible. Mais lorsqu'on en parle, il faut en parler dans un contexte", estime-t-il.
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Une place plus grande pour la Femme. "Il est nécessaire d'agrandir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l'Église. Je crains la solution du “machisme en jupe” car la femme a une structure différente de l'homme", poursuit le pape François. Selon le souverain pontife, "l'Église ne peut pas être elle-même sans les femmes et le rôle qu'elles jouent. La femme lui est indispensable. Le génie féminin est nécessaire là où se prennent les décisions importantes".