Colombie : l'accord de paix avec les Farc ratifié par le Congrès

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Colombie : l'accord de paix avec les Farc ratifié par le Congrès
@ LUIS ROBAYO / AFP
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L'accord a été voté à l'unanimité mais en l'absence des députés de l'opposition, toujours farouchement opposés au texte.

L'accord de paix signé avec la guérilla des Farc en Colombie a été ratifié par le Congrès colombien, la Chambre des représentants l'ayant approuvé mercredi soir, au lendemain du vote favorable du Sénat. "La proposition de ratification de l'accord de paix est approuvée", a annoncé la Chambre en faisant état de 130 voix pour et 0 contre.

À l'unanimité. Les 130 députés présents sur un total de 166 ont voté à l'unanimité en faveur de ce texte qui met fin à 52 ans de conflit armé et qui a été renégocié pour y inclure des propositions de l'opposition, après son rejet par référendum le 2 octobre. Le président Juan Manuel Santos a salué immédiatement la ratification de l'accord en exprimant sa "gratitude au Congrès pour cet historique soutien à l'espérance de paix des Colombiens".

L'opposition farouchement contre. Les parlementaires du Centre démocratique (CD, droite), la principale force de l'opposition, dirigée par le sénateur et ex-président Alvaro Uribe, ont abandonné l'hémicycle au moment du vote, comme l'avaient fait leurs collègues du Sénat la veille. Cet accord, signé la semaine dernière par le président Juan Manuel Santos et le chef de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Rodrigo Londoño, avait été approuvé mardi au Sénat par 75 voix pour et 0 contre. Il prévoit le désarmement des Farc et leur transformation en parti politique. L'opposition, qui était contre la ratification par le Congrès et réclame un nouveau référendum, déplore l'"impunité totale" et l'éligibilité politique accordées aux guérilleros coupables de crimes graves avant qu'ils aient purgé leur peine. 

Un processus législatif encore long. Une fois l'accord ratifié, il revient maintenant au Congrès de légiférer sur sa mise en application, en commençant par la loi d'amnistie des guérilleros pour leur permettre de se déplacer vers les zones où ils déposeront leurs armes, sous supervision de l'ONU.

Le conflit armé, dans lequel ont été impliquées une trentaine de guérillas, des milices paramilitaires d'extrême-droite et l'armée, a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.