Coincés au consulat d’Istanbul

  • A
  • A
Coincés au consulat d’Istanbul
@ MAXPPP
Partagez sur :

Une Française et ses deux enfants sont bloqués en Turquie depuis six mois.

Anne-Laure Colleter et son conjoint se sont séparés il y a quelques années. A la séparation, c'est la mère qui obtient la garde des deux enfants. Elle est française, son ancien-mari est turc, ils vivent chacun dans leur pays.

Mais en octobre 2007, le père profite d'un séjour de ses enfants en Turquie lors d'un droit de visite pour les enlever. Après des mois de recherches, Anne-Laure Colleter a pu les retrouver en août 2009. Depuis, les ex conjoints s'affrontent devant les tribunaux turcs. Les enfants ne doivent pas quitter le territoire le temps que tous les recours soient épuisés. Et en attendant, ils ont trouvé refuge avec leur mère au consulat de France à Istanbul, dans la crainte que le père les enlève à nouveau.

Anne-Laure et ses deux enfants vivent dans la même pièce depuis trois mois. Une cuisine, un lit, la télé. Régulièrement, Anne-Laure jette un coup d'œil à la fenêtre. Car dehors, le père passe ses journées autour du consulat, à guetter le moindre mouvement. Kayan, 15 ans subit de plein fouet cet enfermement.

Deux ans sans aller à l’école

"C’est à peu près comme une prison, on ne peut pas sortir", se plaint l’aîné des deux enfants. Kayhan n’est pas allé à l’école depuis deux ans. "Je vais sur internet pour prendre des cours et rattraper le temps perdu. Mais même avec ça, on s’ennuie", a-t-il expliqué, joint par téléphone à Europe 1. Catégorique, il ne veut plus voir son père : "après tout ce qui nous a fait".

"La vie qu’on mène depuis plusieurs mois n’est pas normale". "J’ai peur de sortir et je rase les murs" confie la jeune femme à Europe 1.

Depuis plusieurs mois, elle vit dans l'angoisse :

Depuis le début de l'année, Anne-Laure se bat pour que les tribunaux turcs autorisent ses enfants à quitter le pays. Un combat éprouvant pour cette mère de 40 ans qui se sent abandonnée. "Je suis très en colère contre tous ceux qui ne font rien, la France et les politiciens", s’emporte-t-elle. "Je tiens parce que chaque jour je me dis que demain je peux rentrer."

Mais aucun retour n'est possible avant le 4 mai. C'est à cette date que la cour de cassation doit commencer à examiner le dossier des enfants. La procédure pourrait cependant durer plusieurs mois.