Climat : Leonardo DiCaprio peut-il sauver la planète ?

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Climat : Leonardo DiCaprio peut-il sauver la planète ?
Leonardo DiCaprio a été nommé "messager de paix" de l'ONU pour le climat.@ REUTERS
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PAS GAGNE - Nommé "messager de la paix" de l’ONU pour le climat, la star américaine ne suffira sans doute pas à convaincre les Etats d’agir.

"Je gagne ma vie en faisant semblant mais vous ne pouvez pas vous le permettre". Intronisé mardi "messager de la paix" de l’ONU pour le climat, la star hollywoodienne Leonardo DiCaprio, connu pour son engagement en faveur de l’environnement, a lancé cette pique devant plus de 120 dirigeants mondiaux réunis aux Nations unies. Leur objectif : discuter du climat et tenter de faciliter l’adoption d’un accord avant les négociations qui se tiendront à Paris fin 2015 lors d'une grande conférence. Choisir le héros de Titanic pour incarner la lutte contre le réchauffement climatique, c’est peut-être un peu paradoxal, mais pas complètement absurde, tant les obstacles sont nombreux.

Faire oublier Copenhague. A New York, il n’est pas question ces jours-ci de négociations à proprement parler. Il s’agit plutôt pour les dirigeants mondiaux d’annoncer des engagements, comme François Hollande qui a promis un milliard de dollars pour le Fonds vert de l’ONU. Le tout est destiné à faciliter un accord contraignant l’année prochaine à Paris et qui entrerait en vigueur en 2020. Et donc de faire oublier l’échec cuisant de la conférence de Copenhague de 2009, au cours de laquelle les Etats n’avaient pas réussi à se mettre d’accord. 

Le discours de Leonardo DiCaprio à l'ONU (en anglais) :



Malgré quelques signes encourageants, comme la mobilisation des participants à la Marche pour le climat, qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes dans le monde entier dimanche, la tâche s’annonce difficile. Tout d’abord parce que, souligne le Wall Street Journal dans Courrier International, "les principaux pollueurs de la planète ont refusé de participer, voire de faire une simple apparition". 

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© REUTERS

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Des absents remarqués… La Chine, numéro un des émissions de CO2 en 2013 selon le Global Carbon Atlas, n’est pas représentée par son président Xi Jinping, mais par son vice-Premier ministre, Zhang Gaoli. Le pays représente pourtant 28% des émissions mondiales de CO2. 

Autre absent de taille : le Premier ministre indien, qui a préféré envoyer son ministre de l’Environnement. Un peu gênant quand on sait que l’Inde figure à la quatrième place du classement des plus gros émetteurs de CO2, juste derrière la Chine, les Etats-Unis et l’Union européenne. Vladimir Poutine, le président russe, n’a pas non plus daigné faire le déplacement, alors que son pays est le cinquième plus gros émetteur de CO2 de la planète.

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© Reuters

… et des présents sans réelle marge de manœuvre. Quant aux présents, il n’est pas certain qu’ils puissent faire avancer les choses, même avec le concours du très médiatique Leonardo DiCaprio. Du côté de l’Union européenne, les prises de décision concernant les objectifs à fixer à l’horizon 2030 ont été reportées, selon le site Actu-environnement

Même Barack Obama, qui avait pourtant fait du dossier l’une de ses priorités en 2008, se retrouve avec les mains liées. La Maison-Blanche a d’ores et déjà averti qu’il était inutile d’attendre des chiffres sur les objectifs américains pour la période après 2020. Le président américain, qui a appel mardi à un accord "ambitieux" et "flexible", sait bien qu’il ne peut pas compter sur le Congrès pour le soutenir. Les élus américains sont en effet réticents à voter des textes limitant les émissions de gaz à effet de serre et il sera encore plus difficile de leur faire avaler la ratification d’un traité international contraignant. Le protocole de Kyoto, négocié et signé en 1997, n’avait ainsi jamais été ratifié par les Etats-Unis. Et il faudra sans doute plus qu’un Leonardo DiCaprio pour convaincre les élus américains d’accepter un traité similaire. 

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