Cinq choses que vous ignorez sur les élections américaines

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Cinq choses que vous ignorez sur les élections américaines
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Dépenses faramineuses et insultes à tout va, la campagne de 2016 est considérée comme la plus excessive de l'histoire américaine. Pourtant, de George Washington à Andrew Jackson, les prédécesseurs de Donald Trump et Hillary Clinton ne sont pas en reste. Florilège.   

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De cette élection américaine, on connaît les deux visages des principaux candidats, l'outrance des débats, la surmédiatisation, les investissements pharaoniques de chacun et les défis qui attendent celui ou celle qui s'installera à la Maison-Blanche. Pourtant, quelques curiosités, coutumes et étrangetés de cet événement suivi dans le monde entier vous ont sûrement échappé. Des "funfacts" parfois symptomatiques des évolutions du paysage politique américain.

  • La campagne qui valait trois milliards

C'est la même rengaine tous les quatre ans outre-Atlantique. Election après élection, les dépenses de campagne des candidats à la présidence explosent, jusqu'à atteindre trois milliards de dollars pour cette dernière mouture selon opensecrets. Une évolution notable par rapport à 2012, où Mitt Romney et Barack Obama avaient pourtant dépensé sans compter déjà (2,3 milliards de dollars). De l'autre côté du spectre, George Washington s'était montré beaucoup plus économe en remportant la première élection de l'histoire du pays. C'était en 1789. A l'époque ce "père de la nation américaine" avait quelque part inventé la politique low-cost, puisque son budget de campagne se résumait à 160 gallons de liqueur, soit 600 litres d'alcool fort destinés à réchauffer les âmes. Et faire basculer le vote des indécis devant l'isoloir.     

  • Petits arrangements entre amis

Aux Etats-Unis, les votes s'échangent parfois comme on troque son appartement ou son canapé sur AirB'nb et les sites de couchsurfing. Cette pratique a un nom, le vote-swapping, et une utilité : permettre aux électeurs de rendre leur vote plus déterminant dans le cadre du système américain, parfois frustrant pour les citoyens. Pour bien comprendre les ressorts de cette technique parfois décriée, il suffit de prendre un exemple, relayé par USA Today. Le site d'infos américain cite le cas de Steve Friday et Robert Munch.

Le premier est un partisan d'Hillary Clinton vivant à Fort Worth, en plein Texas, un Etat acquis à la cause de Donald Trump. Steve juge donc inutile de voter Hillary Clinton, ce vote ne changeant rien au résultat final texan (où l'ensemble des grands électeurs devraient revenir à Donald Trump). Il s'est donc mis en relation avec Robert Munch, cannabiculteur à Denver, dans le Colorado, via l'application Never Trump. Steve Friday s'engage à voter pour le candidat du parti écologiste et ainsi aider ce petit parti à émerger, tandis que Robert Munch votera pour Hillary Clinton dans le Colorado, où elle peut espérer l'emporter

>> Lire aussi : le très contesté système électoral américain

  • Le discours le plus long

Les débats qui ont opposé Hillary Clinton et Donald Trump lors de la campagne ont affligé le public par leur pauvreté. Coup bas et remarques salaces ont émaillé ces dernières semaines, à tel point que plusieurs journaux américains ont qualifié cette campagne de "plus pauvre de l'histoire". A titre de comparaison, Slate relève que les discours d'Hillary Clinton étaient constitués à 80% de 665 mots en moyenne, contre 480 pour Donald Trump. Le plus prolifique en la matière était William Henry Harrison, président américain en 1841, avec 8 445 mots. Le plus économe de sa salive était encore une fois George Washington, avec 135 mots. Peut-être avait-il raison de ne pas trop s'étendre, car William Harrison, lui, est mort d'une pneumonie contractée lors d'une allocution prononcée en pleine tempête de neige. Les risques du métier.   

  • Noms d'oiseaux

Médiocre, déplorable, voire abrutissante selon de nombreux observateurs dont le New York Times. La campagne de 2016 ne laissera pas un souvenir flatteur dans les livres d'histoire. Mais la politique américaine n'a pas attendu Donald Trump et Hillary Clinton pour montrer un visage parfois peu reluisant. La palme de la grossièreté revenant à Andrew Jackson et John Quincy, adversaires en... 1828. Une époque de gentilshommes ? Pas vraiment, puisque Jackson avait alors qualifié Quincy de "maquereau". Pour rester dans le même champ lexical, son rival avait réparti sans broncher que sa femme était une "salope", et sa mère une "prostituée".

  • Forte femme

Hillary Clinton est bien partie pour devenir la première femme présidente des Etats-Unis. Un moment marquant de l'histoire politique américaine, qui n'aurait pas été possible sans la ténacité de nombreuses femmes, beaucoup plus anonymes celles-ci. Parmi ces militantes de la première heure, Victoria Woodhull occupe une place particulière. En 1872, elle est devenue la première femme à candidater à la présidence. Et ce 48 ans avant que les femmes obtiennent le droit de vote ! Depuis la première élection américaine en 1789, plus de 200 femmes se sont déjà lancées dans la course à la présidence. Mais aucune n'avait la légitimité politique et les moyens financiers d'Hillary Clinton. 

>> Lire aussi : Qui es-tu vraiment, Hillary Clinton ? 

La plupart des anecdotes citées ici sont tirées de l'ouvrage Anything for a Vote: Dirty Tricks, Cheap Shots, and October Surprised in U.S Presidential de Joseph Cummings, aux éditions Quirk Books (2015)