Etats-Unis : cinq choses à savoir sur les élections de mi-mandat

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Etats-Unis : cinq choses à savoir sur les élections de mi-mandat
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Europe1.fr fait le point sur les midterms, ces élections de mi-mandat qui renouvellent la Chambre des représentants et un tiers du Sénat.

Après plusieurs semaines d'une campagne âpre, 200 millions d'Américains sont appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat. Si elles n'ont pas pour autant déchaîné les passions des électeurs, ces midterms demeurent un traditionnel moment fort de la politique outre-Atlantique, qu 'Europe 1 vous propose de découvrir en répondant à cinq questions.

 

Les midterms, à quoi ça sert ?

Politiquement, elles viennent sanctionner le bilan du Président à mi-parcours. Les élections de mi-mandat surviennent en effet deux ans après l'investiture du président. Elles permettent de renouveler la Chambre des représentants (l'équivalent de l'Assemblée nationale) et un tiers des Sénateurs, et se rapprochent donc de nos élections législatives.

USA

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Stratégiquement, les midterms qui tombent en fin de décennie sont plus importantes que les autres. Et pour cause, c'est à ce moment que le recensement de la population se termine, et donc la majorité fait le découpage des circonscriptions électorales. Une arme essentielle pour avantager son parti.

Mardi, les citoyens américains élisent aussi les gouverneurs de 36 des 50 Etats, leurs juges et une partie de leurs élus locaux. Les électeurs seront très sollicités, puisque certains Etats comme le Colorado ou Washington organisent également des référendums sur la légalisation du cannabis et d'autres questions de société.

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Combien de parlementaires sont élus ?

Concrètement, ces midterms vont permettre d'élire l'ensemble du collège de la Chambre des représentants, à savoir 435 élus. Sur l'ensemble de ces sièges, 69 sont encore en ballottage. Les Républicains, qui détiennent la majorité depuis 2010, devraient la conserver facilement à l'issue du scrutin.

Le vote va aussi permettre de renouveler 36 des 100 sièges de sénateurs. 21 sénateurs démocrates remettent en jeu leur poste, contre 15 républicains. Les sondages donnent les Républicains gagnants et estiment qu'ils pourraient gagner 6 sièges supplémentaires. De quoi regagner la majorité dans l'hémicycle, perdue en 2006.  

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Quel est l'enjeu pour Obama ?

Toutes les études donnent les Démocrates battus. Ce n'est donc pas la défaite en elle-même, mais bien son ampleur, qui sera déterminante politiquement pour Barack Obama. Si les Démocrates perdent cinq sièges ou moins au Sénat, ils conserveront la majorité. Un moindre mal.

Républicain

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Concrètement en revanche, si le Congrès, à savoir la réunion du Sénat et de la Chambre des représentants, venait à basculer, "tout serait alors compliqué" pour le président, analyse Denis Lacorne au micro d'Europe 1. Sans majorité parlementaire, impossible alors pour lui de légiférer par la voie "normale". En revanche, Obama pourra toujours outrepasser le Congrès par décret exécutif, l'équivalent des ordonnances du président de la République en France.

Selon le spécialiste de la politique américaine, "les grands projets de réforme, sur l'immigration ou sur la lutte contre le réchauffement climatique notamment, risquent d'être empêchés." Barack Obama se trouverait donc contrarié sur ses décisions, sauf sur la politique étrangère où la constitution lui donne de grands pouvoirs.

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Pourquoi tous les observateurs annoncent une défaite des Démocrates ?

Les sondages et les analyses montrent que les électeurs américains rejettent à la fois la figure politique incarnée par Obama et ses résultats. Pourtant, les résultats ne sont pas si mauvais : "Le taux de chômage a baissé a 6%, le taux de croissance remonte à 3,5%". Problème,  "les classes moyennes n'ont pas une perception de la reprise immédiate, il faut du temps à l'électeur moyen pour qu'il se rendre compte que le chômage baisse, que la reprise est là", conclut l'historien

Historiquement enfin, c'est presque une tradition pour le président en place de perdre les élections de mi-mandat. Obama en 2010, les Bush père et fils, Ronald Reagan, mais surtout Bill Clinton, ont tous perdu des soutiens au Congrès lors de leur passage à la Maison-Blanche. Il y a quasiment 20 ans jour pour jour, se souvient France Info, Bill Clinton perdait les deux chambres, celle des Représentants et le Sénat. Elles redevenaient toutes deux républicaines, une première depuis les années 50.

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