Cinq ans de prison pour le prof amoureux

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Cinq ans de prison pour le prof amoureux
@ REUTERS
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L'enseignant britannique qui avait fui avec une élève a été condamné pour "relations sexuelles avec un enfant".

L’INFO. Un enseignant britannique a été condamné vendredi à cinq ans et demi de prison pour "enlèvement" et relations sexuelles avec une élève de 15 ans, neuf mois après la cavale du couple en France qui avait déclenché une vaste opération de police.

La sévérité du juge. Jeremy Forrest, professeur de mathématiques de 30 ans, a été condamné à une année de prison pour "enlèvement d'enfant" et à quatre ans et demi pour "relations sexuelles avec un enfant". Il lui est aussi interdit, à vie, de travailler auprès d'enfants. "En tant que professeur, votre devoir était de stopper et non d'encourager la jeune fille dans sa passion amoureuse", a déclaré le juge Michael Lawson vendredi au tribunal de Lewes, dans le sud de l'Angleterre.

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"Votre comportement (...) était motivé par votre intérêt personnel et a blessé de nombreuses personnes - la famille (de l'adolescente), votre famille, le personnel et les élèves de l'école" où vous travailliez, a-t-il lancé. A l'annonce de sa condamnation, Jeremy Forrest, vêtu d'un costume gris, sur une chemise blanche et une cravate, est resté impassible.

Coup de théâtre au tribunal. Jeremy Forrest a plaidé non coupable d'"enlèvement d'enfant", la seule inculpation pour laquelle il était jusqu'à présent poursuivi au Royaume-Uni pour des raisons légales liées à son extradition. Mais dans un coup de théâtre vendredi, il a en outre été inculpé devant la cour de "relations sexuelles avec un enfant", et plaidé coupable. Une décision qui épargne aux parties la perspective d'un autre procès pour ces motifs, a précisé le parquet anglais.

L'élève et Jeremy Forrest, marié depuis 2011, ont échangé leur premier baiser quand la jeune fille avait 14 ans et ont commencé à avoir des relations sexuelles quand elle avait 15 ans. L'adolescente a expliqué qu'elle ne s'était pas "sentie coupable" d'entretenir une relation avec l'un de ses professeurs mais qu'elle avait "paniqué" quand la police britannique l'avait interrogée le 19 septembre 2012 sur la nature de cette relation.

Un portrait controversé. A son procès, Jeremy Forrest a été tour à tour dépeint comme un homme avide de "chair fraîche" pouvant être considéré comme "un pédophile", selon l'accusation, comme "l'un des enseignants les plus doués", selon un collègue. La famille de l'enseignant, réunie sur les marches du palais de justice de Lewes vendredi, a affirmé que "Jeremy était profondément désolé pour ses actes".

Une barrière à ne pas franchir. Pour Ronald Jaffa, l'avocat de la défense, l'accusé est "malheureusement tombé amoureux et a franchi le Rubicon au moment où il était déprimé". L'adolescente était "désespérée et suicidaire" et Jeremy Forrest a décidé de l'accompagner en France par crainte pour sa vie, a aussi avancé l'avocat. Mais pour l'accusation, il ne s'agissait en aucun cas de "Roméo et Juliette".

"Peu importe ce que disent les gens, une jeune fille de 14 ans n'a pas la maturité psychologique pour entamer une relation de la sorte", a souligné Peter Saunders, directeur général de l'Association nationale des personnes maltraitées dans leur enfance.  "Il était un enseignant qualifié de 30 ans (...). On ne franchit pas cette frontière. Il l'a fait et il en paie le prix, à juste titre", a-t-il estimé.