Chypre redoute la pénurie de "cash"

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Chypre redoute la pénurie de "cash"
Les files s'allongent aux distributeurs.@ Reuters
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REPORTAGE - L'île a refusé jeudi toute taxe. Problème : l'argent se fait rare dans les rues.

L'INFO. L'île de Chypre tente d'élaborer un "plan B" pour éviter la faillite. Alors que le pays a à nouveau exclu jeudi toute taxe sur les dépôts bancaires, il y a urgence à trouver une solution car les banques du pays vont rester fermées pendant cinq jours supplémentaires, afin d'empêcher une ruée aux guichets de clients inquiets et une fuite massive de capitaux.Mais comment vivre sans argent disponible ?

>>> A lire : Quels choix s'offrent à Chypre ?

Comment la population s'organise ? Les retraits aux distributeurs deviennent aléatoires avec un plafond maximum de 400 euros. Ceux qui ont une carte de crédit vont chaque matin retirer leur plafond quotidien au distributeur, comme l'a constaté le correspondant d'Europe 1 à Chypre. La situation est en revanche beaucoup plus difficile pour la génération sans carte bancaire, surtout les plus de 70 ans. Ils n'ont pas d'autre choix que de réduire, voire supprimer leurs dépenses.

Une journaliste de CNBC a posté cette photo sur Twitter :



Les chèques sont désormais très souvent refusés et cela pose problème aux Chypriotes, notamment à la pompe à essence.

Les victimes du blocage. Même si pour l'instant personne ne cède à la panique, c'est déjà le règne de la débrouille. C'est un symbole mais cette volonté montre que la colère du peuple grandit : l'église orthodoxe a décidé de mettre tous ses avoirs à disposition du pays qui pourrait les utiliser comme garantie d'un nouveau prêt.

Les entreprises commencent elles aussi à être asphyxiées. La compagnie aérienne Cyprus Airways voit ses réserves de liquidité fondre. Il va bientôt être difficile de payer les pleins de kérosène. Les autres victimes de cette crise sont les commerces qui s'approvisionnent à l'étranger. Il devient impossible de régler les fournisseurs car les virements bancaires sont toujours bloqués. Ainsi, à la brasserie française, c'est la colère, comme dans beaucoup de grandes enseignes qui vivent sur leurs stocks. Les produits non-payés ne seront donc pas livrés.  

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© Reuters