Chute du mur : "le plus beau cadeau de ma vie"

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Chute du mur : "le plus beau cadeau de ma vie"
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NÉS UN 9 NOVEMBRE - Ils racontent ce jour "où l’histoire est sortie de ses gonds", selon Mikhaïl Gorbatchev.

Le 9 novembre 1989 à 18h57, un dirigeant de RDA, l’ex-Allemagne de l’Est, prend la parole à la télévision : il annonce qu’à minuit, des points de passage vers Berlin Ouest seront ouverts. Dès 23 heures, des milliers d’anonymes se sont déjà rassemblés au pied du mur. Et les premiers coups de pioche attaquent le béton.

Ce jour-là, le Français François Dermaut fête ses 40 ans. Il est né un 9 novembre 1949 et il raconte…

Le mur, il l’avait vu quelques années plus tôt. En 1972, ce dessinateur était allé aider sa sœur à s’installer à Berlin Ouest. En quelques coups de crayons sur un autre mur, celui de sa maison, il retrace ses souvenirs.

Pour des milliers de familles allemandes, la chute du mur marquera les retrouvailles avec ceux qui étaient restés de l’autre côté. C’est le cas de Tatiana Ohm et de ses proches. Le soir du 9 novembre, cette Allemande de l’Ouest fête ses 20 ans. Quand sa grand-mère l’appelle pour lui apprendre la nouvelle, elle ne la croit pas une seconde et pense que celle-ci à un peu trop arrosé l’anniversaire de sa petite-fille. Pourtant, quelques jours plus tard, elle retrouvera ses cousins de l’Est. Ce n’est que plus tard que celle qui est aujourd’hui reporter à la télévision allemande comprendra la portée politique de cet événement.

Ailleurs, comme en Pologne, le mur tombe et c’est tout le bloc de l’Est qui se fissure. C’est ce que ressent Ewa Utchenska qui évoque "le plus beau cadeau de sa vie". Elle fête ses 39 ans le 9 novembre 1989 à Varsovie. Déjà au mois de juin, le syndicat Solidarnosc a remporté les élections et pour la première fois, c’est un non-communiste qui est au pouvoir. En Pologne aussi, on y voit donc le début de la fin même si les troupes soviétiques ne quitteront le pays qu’en 1993…

5075 "passe-murailles" auront réussi à franchir le mur en 28 ans d’existence. 200 y auront laissé leur vie. Il faut dire qu’avec 7.000 m3 de dalles de bétons, 300 miradors et 14.000 gardes-frontières, le passage était bien gardé.