Chine : prison avec sursis pour l'avocat défenseur des droits humains Pu Zhiqiang

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Chine : prison avec sursis pour l'avocat défenseur des droits humains Pu Zhiqiang
Des forces de sécurité chassent un journalistes des abords d'un tribunal de Pékin, lors du procès de Pu Zhiqiang.@ GREG BAKER / AFP
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Pu Zhiqiang, défenseur du célèbre artiste Ai Weiwei, avait posté des messages critiquant le pouvoir chinois sur internet.

L'avocat chinois Pu Zhiqiang, éminent défenseur des droits de l'Homme, a été condamné mardi à trois ans de prison avec sursis pour des microblogs fustigeant le pouvoir, alors que Pékin poursuit sa répression des juristes et activistes contestataires.

"Mensonges" de Pékin. Pu Zhiqiang, 50 ans, est connu pour avoir défendu devant la justice des victimes de camps de rééducation par le travail, le célèbre artiste Ai Weiwei et des citoyens en butte à l'arbitraire des autorités. Arrêté mi-2014, l'avocat est resté un an et demi en détention avant d'être jugé la semaine dernière, pour sept brefs textes postés sur ses comptes de microblogs entre 2011 et l'an dernier. Il y fustigeait l'incompétence et les "mensonges" du Parti communiste, et dénonçait les politiques répressives menées par Pékin au Tibet et dans la région à dominante musulmane du Xinjiang.

Liberté surveillée. Il a été reconnu coupable d'"incitation à la haine raciale" et d'avoir "provoqué des querelles et fomenté des troubles" par la Deuxième cour intermédiaire populaire de Pékin, ont précisé des médias d'Etat, assurant qu'il ne ferait pas appel. "Nous sommes très loin d'être satisfaits, car nous avions demandé l'acquittement de Pu et cette condamnation entérine sa culpabilité", a déclaré son avocat Mo Shaoping. Pu Zhiqiang sera désormais soumis à un contrôle régulier des autorités et devra demander des permissions pour quitter Pékin. La police aura toute latitude pour déterminer s'il enfreint les conditions de sa probation, auquel cas il retournerait derrière les barreaux. Au moins trois manifestants venus exprimer leur soutien à Pu ont été violemment éloignés, tandis que des policiers repoussaient sans ménagement les journalistes.