Chine : la famille de Feng Jiangmei menacée

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Chine : la famille de Feng Jiangmei menacée
La photo de Feng Jianmei sur son lit d'hôpital a provoqué un véritable scandale en Chine.@ CAPTURE D'ECRAN TV.SOHU
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L'histoire de cette jeune femme forcée à avorter à sept mois de grossesse avait scandalisé le pays.

Un scandale dans le scandale. La famille d'une jeune femme chinoise forcée à avorter à sept mois de grossesse est victime d'un véritable harcèlement quotidien depuis que l'affaire, révélée dans les médias, a provoqué un vent d'indignation dans l'opinion publique du pays. Le mari de Feng Jiangmei, Deng Jiyuan, a même disparu depuis dimanche. 

"Il est parti en disant qu'il devait aller voir un responsable qui voulait le rencontrer", a confié un proche de la famille. "On ne l'a pas revu". L'homme a toutefois appelé sa famille mardi, mais sans dire où il était, ni s'il allait rentrer chez lui. Vendredi, il avait déjà tenté de se rendre à Pékin pour consulter un avocat, indique le New York Times. Mais sur la route, des hommes circulant en voiture l'ont arrêté et battu.

Des sanctions jugées insuffisantes

C'est la publication d'une photo de Feng Jiangmei, 23 ans, sur son lit d'hôpital, son fœtus en sang à côté d'elle, qui a mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux chinois à la mi-juin. Les autorités chinoises ont fini par reconnaître que la jeune femme, déjà mère d'un enfant et qui n'avait pas les moyens de payer l'amende pour infraction à la politique de l'enfant unique, avait bien été contrainte à l'avortement.

Des sanctions ont depuis été prises contre des responsables, mais la famille les juge insuffisantes. Quant à la médiatisation de cette affaire, notamment à l'étranger, elle ne semble pas du goût des autorités locales : d'après le Wall Street Journal, elles auraient organisé des manifestations devant le domicile de la famille, en représailles à une interview accordée par la jeune femme à un journaliste allemand.

Traités de "traîtres"

A la sortie de l'hôpital, la famille de Feng Jiangmei s'est aussi retrouvée face à des manifestants hostiles. "Ils ont pendu des bannières à un pont et beaucoup de gens criaient que nous étions des traîtres", selon un proche anonyme.

Feng Jiangmei, elle, est toujours hospitalisée. Elle dit se remettre doucement de son avortement forcé et souffre de maux de tête. La jeune mère n'a pas le droit de sortir et a expliqué au Wall Street Journal qu'elle ressentait une forte pression, assurant : "l'hôpital est comme une prison pour moi".