Chili : marivaudage en surface

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Chili : marivaudage en surface
@ REUTERS
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Les femmes et maîtresses des mineurs chiliens bloqués s’affrontent. De l’argent est en jeu.

Certains des 33 mineurs chiliens, bloqués depuis près d’un mois à 700 mètres sous terre n’auront peut-être pas envie de retrouver la surface. Car certaines les attendent désormais non plus seulement avec impatience, mais aussi de pied ferme. Au moins cinq femmes de mineurs se sont en effet retrouvées face-à-face avec les maîtresses -et parfois les enfants- de leur mari.

L’un des miraculés est même attendu par… quatre femmes. Son épouse, avec laquelle il n’a jamais divorcé mais dont il est séparé depuis longtemps, la femme avec qui il vit actuellement, la mère d’un de ses enfants né il y a plusieurs années, et enfin une dernière femme qui prétend être sa petite amie actuelle.

Du coup, la situation sur le camp au-dessus de la mine est des plus électriques. "Il y a eu beaucoup d’altercations entre femmes", reconnaît dans les colonnes du quotidien britannique Daily Telegraph Marta Flores, qui travaille pour la Croix-Rouge. "On a dû s’interposer à la cantine entre l’épouse d’un mineure et une femme qui se prétendait être sa maîtresse, avant que cela ne dégénère."

De l’argent en jeu

Si certaines maîtresses ont décidé de sortir de leur clandestinité vis-à-vis de leur rivale, c’est que le gouvernement chilien a promis une compensation financière aux compagnes des mineurs, qui pourrait atteindre plusieurs milliers d’euros. "Certains hommes ont plusieurs enfants de plusieurs femmes, et toutes sont venues réclamer leur dû", soupire encore Marta Flores. J’ai rencontré cinq familles dans cette situation, mais je suis sûre qu’il y en a plus.

Les autorités font tout pour préserver les 33 mineurs du tumulte de la surface. Car l’opération de sauvetage devrait encore durer près de trois mois, et le moral des hommes est primordial. "Nous lisons toutes les lettres qui leur sont destinés pour être sûr qu’elles ne leur provoqueront pas un surcroît d’anxiété", explique Alberto Iturra, qui dirige la cellule psychologique.

Mais la situation est telle que les officiels envisagent désormais de demander directement aux 33 mineurs à qui ils veulent que le fameux pécule soit versé. Une manière pour eux de se rappeler que la vie en surface peut aussi être compliquée.