Charbon : la Chine veut réduire de 800 millions de tonnes ses capacités d'ici 2020

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Charbon : la Chine veut réduire de 800 millions de tonnes ses capacités d'ici 2020
La Chine devient moins demandeuse en charbon car elle veut désormais privilégier les services et les nouvelles technologies. Image d'illustration. @ GREG BAKER / AFP
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Cette décision est liée à la baisse de la demande en Chine, un pays qui connaît une croissance économique au plus bas depuis 25 ans. 

La Chine s'est fixé pour objectif de réduire, d'ici à 2020, de 800 millions de tonnes ses capacités annuelles de production de charbon, selon le plan d'une agence gouvernementale rapporté samedi par la presse d'État.

Fermeture des plus petites mines ? Parallèlement à la réduction des capacités excédentaires, la production effective de charbon s'élèvera au total à environ 3,9 milliards de tonnes en 2020, contre 3,75 milliards en 2015, a également indiqué l'agence officielle Chine nouvelle. Ces objectifs visent "à améliorer l'efficacité et les conditions de sécurité dans la production de charbon", a assuré Chine nouvelle, suggérant que les mines de petite capacité pourraient être les plus concernées par les fermetures.

Une énergie moins convoitée. L'ajustement de l'offre ira de pair avec le net essoufflement de la demande : la deuxième économie mondiale brûlera en 2020 quelque 4,1 milliards de tonnes, contre 3,96 milliards l'an dernier, selon ce plan gouvernemental, soit une progression très modérée. De façon générale, la consommation énergétique chinoise ne progresse plus que de 3% par an, contre 10% il y a quelques années.

Un impératif économique et environnemental. Le charbon, dont la Chine est le premier consommateur mondial, reste certes un indispensable carburant de son économie, fournissant 60% de son électricité. La consommation du pays a d'ailleurs doublé sur la décennie 2004-2014, jusqu'à dépasser 4 milliards de tonnes par an. Mais le net ralentissement de la croissance économique du géant asiatique, au plus bas depuis un quart de siècle, change la donne. Surtout, le régime a engagé un délicat rééquilibrage en faveur des services (plus de 50% du PIB désormais) et les nouvelles technologies : des secteurs peu gourmands en énergie. Pékin est par ailleurs poussé par l'impératif environnemental, dans un pays où les villes étouffent sous un brouillard polluant endémique qui suscite l'exaspération de la population.