Cessez-le-feu en Syrie : "C'est totalement inédit, et totalement instable"

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Le cessez-le-feu conclu entre Damas et les rebelles syriens, sous l'égide de la Russie et de la Turquie est historique mais fragile, selon Nicolas Tanzer, professeur de relations internationales à Sciences Po.

La situation est-elle en train de s'apaiser en Syrie ? Le cessez-le-feu annoncé par la Russie, la Turquie et l'armé syrienne, entré en vigueur il y a une douzaine d'heures semble fragile : des combats ont déjà été signalés près de Damas. Pour Nicolas Tenzer, professeur de relations internationales à Sciences-Po et président du Centre d'étude et réflexion pour l'action politique, invité vendredi d'Europe 1, cet "énième cessez-le-feu" n'est pas "nécessairement durable".

"Une porte ouverte aux bombardements". Annoncée jeudi, la trêve entrée en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi n'est qu'approximativement respecté, et l'Observatoire syrien des droits de l'homme annonce déjà que des affrontements ont eu lieu près de Damas. Rien d'étonnant pour Nicolas Tanzer, qui estime que ce cessez-le-feu "n'était pas fait pour être total". "Les groupes liés à l'Etat islamique et Al-Qaïda en sont exclus", détaille-t-il. "Tout ceci est assez vague et cela reste une porte ouverte à des bombardements incontrôlés par les uns et les autres".

"Les intérêts de la Turquie et de l'Iran sont complètement opposés". Les groupes rebelles qui s'opposent à Bachar al-Assad et qui ont signé le cessez-le-feu n'avaient "pas d'autres solutions", selon Nicolas Tanzer. De plus, l'alliance diplomatique entre la Russie, la Turquie et l'Iran est "totalement inédite et totalement instable" : "les intérêts objectifs de l'Iran et de la Turquie sont complètement opposés", estime Nicolas Tanzer, qui s'interroge sur le rôle que tiendra la future administration Trump qui sera investie le 20 janvier. "Je crois que ça va entraîner un démantèlement de la Syrie qui, sur le plan du droit international, n'est pas acceptable", considère le professeur. "La vraie question est aussi celle du droit international : Assad a commis des crimes de guerre et crimes contre l'humanité et il risque de ne pas être sanctionné. Est-ce que c'est acceptable ?"