Ces services secrets qui aidaient Kadhafi

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Ces services secrets qui aidaient Kadhafi
Des documents attestent de liens étroits entre l'administration de Mouammar Kadhafi et les services secrets britanniques et américains.@ REUTERS
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La CIA et le MI6 auraient contribué à museler l'opposition en Libye. 

Les documents découverts en fin de semaine dernière dans le bureau abandonné de l'ex-chef du renseignement libyen ne laissent pas de place au doute. Ils montrent que les services secrets britanniques et américains ont pris une part active à la répression de la dissidence, avant le soulèvement de février, selon l’organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch.

En contacts étroits avec les services secrets libyens

Human Rights Watch dit avoir mis la main sur des centaines de lettres de la CIA et du MI6 adressées à Moussa Koussa, qui fut également ministre des Affaires étrangères de Mouammar Kadhafi. Il vit aujourd'hui en exil à Londres. Les échanges écrits, qui débutent par "Cher Moussa", suggèrent notamment des relations étroites entre la CIA et les services secrets libyens.

Selon HRW, Abdelhakim Belhadj, militant islamiste aujourd'hui chef militaire des ex-rebelles à Tripoli, a été capturé par l'agence américaine et livré au régime de Mouammar Kadhafi. "Parmi les documents que nous avons découverts au bureau de Moussa Koussa figure un fax de la CIA daté de 2004 dans lequel l'agence informe le gouvernement libyen qu'elle est sur le point de capturer et de livrer Belhaj", a déclaré Peter Bouckaert, membre de l'équipe de HRW qui a fait cette découverte.

Belhaj demande des excuses à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis

De son côté, Abdelhakim Belhaj  assure avoir été torturé par des agents de la CIA avant son transfert en Libye où il a été incarcéré pendant sept ans à la prison Abou Selim. Là, il affirme avoir été interrogé par des membres des services secrets britanniques.

Abdelhakim Belhaj a demandé lundi des excuses à la Grande Bretagne et aux Etats-Unis, estimant que ce qui lui arrivé était "illégal". Il a affirmé dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian qu'il envisageait de poursuivre devant la justice les gouvernements britannique et américain.