Ces poignées de mains improbables entre chefs d’État

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Ces poignées de mains improbables entre chefs d’État
Mardi, Barack Obama a serré la main à Raul Castro, le président cubain, lors de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela, à Soweto.@ REUTERS
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DIPLOMATIE - Obama et Raul Castro se sont rapprochés durant la cérémonie d'hommage à Mandela. Et avant eux ?

L'INFO. Sommets internationaux, obsèques de chefs d’État, réunions de l'ONU : pour les dirigeants de la planète, les occasions de rencontres ne manquent pas. Avec à la clé toujours, le risque d'un "incident diplomatique". Mardi, Barack Obama a serré la main à Raul Castro, le président cubain, lors de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela, à Soweto. Une première en public depuis la rupture des relations diplomatiques officielles entre les Etats-Unis et Cuba, en 1961. Europe1.fr revient sur quatre autres poignées de mains qui ont détonné ces dernières années.

Barack Obama et Hugo Chavez. En avril 2009, lors d'un sommet des dirigeants d'Amérique latine, Barack Obama serre la main de Hugo Chavez, le président du Venezuela, farouche opposant des États-Unis et allié de Cuba. Plus tard, les deux dirigeants échangent même quelques mots. Prévoyant, Hugo Chavez a pris avec lui un livre à offrir au président américain : Les veines ouvertes de l'Amérique latine, d'Eduardo Galeano, un ouvrage très critique sur la politique étrangère américaine. Cette courte rencontre vaut à Barack Obama de violentes critiques de la part des républicains. Même si cette poignée de mains hautement symbolique n'a finalement débouché sur aucune détente entre Washington et Caracas.

obama et hugo chavez, 460 REUTERS

Bill Clinton et Fidel Castro. C'était en 2000, lors du sommet du Millenium à l'ONU. Les deux présidents sortent d'un déjeuner et se rendent à une conférence quand ils se croisent. D'après la Maison-Blanche, qui a dans un premier temps nié les faits, Fidel Castro aurait approché Bill Clinton, selon la BBC. Les deux dirigeants auraient ensuite échangé quelques banalités, avant de reprendre leur chemin. Une rencontre impromptue dont aucune photo n'a jamais filtré.

Robert Mugabe, Zimbabwe,

© REUTERS

Jack Straw et Robert Mugabe. En 2004, Jack Straw, ministre britannique des Affaires étrangères, participe à un sommet des Nations unis et se retrouve invité à un déjeuner par le président sud-africain d'alors, Thabo Mbeki. Dans la même pièce se trouve l'infréquentable Robert Mugabe, à la tête du Zimbabwe depuis 1987. Poli, Jack Straw lui serre la main, ce qui lui vaut une volée de bois vert en Grande-Bretagne. Son excuse ? Il ne l'avait pas reconnu, clame alors le ministre, qui assure aussi à la BBC : "ce n'est pas parce qu'il existe un désaccord entre le Zimbabwe et la Grande-Bretagne que je dois pour autant me montrer malpoli". Juste avant cette réception, en pleine crise de la guerre d'Irak, Robert Mugabe avait pourtant violemment attaqué les États-Unis et la Grande-Bretagne, accusés de "faire pleuvoir les bombes et le feu sur des Irakiens innocents, soi-disant au nom de la démocratie". L'année suivante, c'est le prince Charles qui s'est fait "avoir", lors des obsèques du pape Jean-Paul II à Rome, où il s'est retrouvé à côté du dictateur zimbabwéen.

khatami aux obsèques de Jean-Paul II, e1default 460

Moshe Katsav, Bachar al-Assad et Mohammed Khatami. Décidément, les obsèques de Jean-Paul II ont été propices aux rencontres improbables. Après la cérémonie, le président israélien Moshe Katsav serre en effet la main de… ses pires ennemis : Mohammed Khatami, son homologue iranien, et Bachar al-Assad, le président syrien. L'Iran estime qu'Israël est une "tumeur cancéreuse" qui doit être rayée de la carte du monde et n'a pas eu de relation avec ce pays depuis 1979. Ce qui n'empêche pas Katsav, né en Iran, d'échanger quelques mots en farsi avec Khatami à propos de leur région natale à tous les deux, celle de Yazd, au centre du pays. La courte discussion, rapportée par les médias israéliens, est alors démentie formellement par Téhéran. Quant à la Syrie, qui ne reconnaît pas non plus l’État d'Israël, elle admet de son côté que la poignée de main a bien eu lieu, mais à l'initiative de Bachar al-Assad.

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