Ces ministres qui vont devoir travailler avec Merkel

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Ces ministres qui vont devoir travailler avec Merkel
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TROMBINOSCOPE - Europe1.fr vous présente les petits nouveaux et les poids lourds du gouvernement Merkel III.

L’INFO. Imaginez un gouvernement dans lequel les socialistes Jean-Marc Ayrault et Laurent Fabius travailleraient en bonne intelligence avec les UMP Jean-François Copé et François Fillon, après s’être mis d’accord sur une feuille de route commune. Impensable ? Pas en Allemagne, où Angela Merkel a été réélue chancelière mardi par les députés, à la tête d’une "grande coalition" rassemblant les conservateurs de la CDU et les sociaux-démocrates du SPD. Il aura tout de même fallu près de trois mois pour mettre sur pied ce nouveau gouvernement, après les législatives de septembre. Et si un accord de coalition a bien été signé, reste à savoir quelles seront les modalités de mise en œuvre des réformes, soumises aux rapports de force au sein du gouvernement. Europe1.fr fait les présentations avec les principaux ministres allemands.

Les ministres CDU

wolfgang schauble, 400, REUTERS

Wolfgang Schäuble, ministre des Finances. Le vétéran de la politique allemande Wolfgang Schäuble, 71 ans, conserve son portefeuille des Finances, un ministère hautement stratégique. Pro-européen, il a tout de même imposé aux partenaires de l’Allemagne des conditions strictes aux aides après la crise de l’euro. La chancelière et lui ne sont pas toujours d’accord, mais depuis 2009, une complicité s’est forgée entre eux, au fil de la crise de l’euro.

>> Son gros dossier. Pour Wolfgang Schäuble, il s’agira surtout de poursuivre ce qui a été entamé. Pour Angela Merkel, le nom du ministre "est associé à la stabilité de l’euro et à la politique qui l’accompagne et à tout ce qui est important en Europe". Pas de raison donc de changer de cap.

ursula von der leyen, 400, REUTERS

Ursula von der Leyen, ministre de la Défense. Cette blonde de 55 ans est la première femme à occuper ce poste, après avoir été ministre de l’Emploi dans le gouvernement sortant. Ursula von der Leyen, mère de sept enfants, très populaire, n’hésite pas à s’opposer à son propre camp, comme sur la question des quotas de femmes dans les grandes entreprises. Une mesure rejetée par les conservateurs, mais pour laquelle elle avait failli voter, avec l’opposition.

>> Son gros dossier. Ursula von der Leyen va diriger une armée forte de 185.000 soldats et 70.000 employés civils. Mais sa nomination surprise est aussi vue par certains comme une habile manœuvre de la chancelière Merkel pour booster la carrière de celle qui pourrait bien affronter le chef de file du SPD, Sigmar Gabriel, en 2017. Ursula von der Leyen ne cache d’ailleurs pas ses projets, puisqu’elle a refusé le portefeuille de la Santé, pas assez adapté à ses ambitions.

Les ministres SPD

sigmar gabriel, 400, REUTERS

Sigmar Gabriel, vice-chancelier. Le chef du SPD devient vice-chancelier, un titre honorifique, et hérite surtout du délicat dossier de la transition énergétique, l’un des grands chantiers de l’Allemagne pour les années à venir. Cette transition est la conséquence de l’abandon du nucléaire, décidé en 2011 par Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima.

>> Son gros dossier. Sigmar Gabriel devra réussir à combiner l’essor des énergies renouvelables et un maintien des prix raisonnables pour les ménages et les entreprises. Tout en développant les infrastructures manquantes pour transporter l’électricité et endiguer la hausse des émissions de gaz à effet de serre. Il tentera aussi d’imposer une inflexion sociale dans un gouvernement critiqué pour s’être trop serré la ceinture pour cause de crise de l’euro.

frank-walter steinmeier, 400, REUTERS

Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères. Son visage est connu des Allemands : Frank-Walter Steinmeier, 57 ans, a déjà été le chef de la diplomatie de 2005 à 2009. Dans l’ensemble, il s’entend bien avec Angela Merkel. Mais il peut parfois y avoir de la friture sur la ligne, comme en 2008, à propos d’une visite en Allemagne du dalaï-lama. Frank-Walter Steinmeier avait critiqué la chancelière pour avoir reçu le chef spirituel des bouddhistes tibétains, au risque de fâcher la Chine. Ce à quoi Angela Merkel avait sèchement répliqué : "en tant que chancelière, je décide seule qui je reçois".

>> Son gros dossier. Très attaché à la relation franco-allemande, il a choisi Paris pour son premier déplacement, avec la chancelière, alors que son prédécesseur, le libéral Guido Westerwelle, avait opté pour la Pologne. Ce diplomate pourrait aussi donner une nouvelle impulsion aux relations entre Berlin et Moscou.

andrea nahles, 400, REUTERS

Andrea Nahles, ministère du Travail. La quadragénaire, qui représente l’aile gauche du SPD, se voit confier le ministère du Travail. Andrea Nahles, secrétaire générale du parti jusqu’à maintenant, est considérée comme dogmatique et devra sans doute batailler pour imposer son point de vue, selon le Nouvel Obs.

>> Son gros dossier. Elle devra concrétiser ce que son parti voit comme la principale avancée sociale du contrat de coalition : l’introduction d’un salaire minimum généralisé de 8,50 euros de l’heure. Au menu aussi, l’amélioration des petites retraites et un mécanisme visant à limiter les hausses de loyers.

aydan ozoguz, 400, REUTERS

Aydan Özoguz, secrétaire d’État chargée des Migrations. Elle aussi quadragénaire, Aydan Özoguz est aussi la première personnalité politique d’origine turque à faire son entrée dans un gouvernement fédéral allemand. Sa nomination au secrétariat d’État chargée des Migrations, des Réfugiées et de l’Intégration a été saluée comme l’une des surprises de cette nouvelle équipe. Fille de commerçants turcs, Aydan Özoguz, née à Hambourg en 1967, a connu une rapide ascension au sein du SPD, devenant vice-présidente du parti en 2011, sept ans seulement après avoir adhéré.

>> Son gros dossier. Elle sera chargée notamment de la mise en œuvre de l’une des mesures phares obtenues par le SPD : la double nationalité pour les enfants d’immigrés ayant grandi en Allemagne, jusqu’ici contraints de choisir entre celle de leur pays d’origine et celle de leur pays d’accueil.

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