Ces Anglais qui ne veulent pas du Pape

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Ces Anglais qui ne veulent pas du Pape
@ REUTERS
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Benoît XVI débute, en Grande-Bretagne, une visite historique. Pas pour tout le monde.

En 1982, Jean Paul II, le premier Pape à se rendre en Grande-Bretagne, avait reçu un accueil enthousiaste. 28 ans plus tard, la visite de quatre jours de Benoît XVI flirte parfois avec l’hostilité. "Il y a toujours des protestations à l'occasion de ce genre de voyages mais, cette fois-ci, la contestation semble plus importante", a dû reconnaître le porte-parole du Vatican.

Samedi, alors que le Pape présidera une grande messe à Londres, des opposants manifesteront dans les rues de la capitale anglaise pour faire entendre leur voix. Tour d’horizon de ceux qui n’attendent pas de pied ferme cette visite papale.

Des contribuables. Seuls 14% des Britanniques sont favorables à la venue du Pape, selon un sondage publié mardi par The Times. Principale critique : le coût de cette visite papale, estimé à 24 millions d'euros et assumé pour moitié par la Grande-Bretagne. 57% des personnes interrogées déclarent "ne pas avoir d’opinion particulière sur la visite du Pape mais estiment qu’il ne faudrait pas dépenser un penny d’argent public pour celle-ci".

"L'honneur d'une visite d'Etat"

Des intellectuels, des artistes. Dans une lettre ouverte publiée dans The Guardian jeudi, une cinquantaine de personnalités britanniques, des acteurs, des écrivains, des scientifiques, accusent le Pape de ne pas avoir réagi aux affaires de pédophilie comme il l'aurait dû et estiment donc qu'il ne devrait pas "avoir l'honneur d'une visite d'Etat".

Des militants athées. Scandalisé par les affaires de pédophilie dans l’Eglise, des intellectuels athées avaient imaginé faire arrêter Benoît XVI "pour crime contre l'humanité". Ils ont finalement retiré leur plainte. Mais, sur le fond, la critique demeure et s’élargit même : "le Pape est opposé à l’avortement, même en cas d’inceste, même en cas de viol, c’est dégoûtant. Ce qui me met aussi en colère, c’est son attitude envers les homosexuels et ses déclarations sur l’utilisation du préservatif", s’est indignée une militante, Kate Smurthwaite, rencontrée par Europe 1.

Des féministes. Alors que l’Eglise anglicane accepte les ordinations de femmes, le blocage du Vatican sur cette question fait l’objet de vives critiques outre-Manche. "Le pape considère l’ordination des femmes comme un pêché comparable aux abus sexuels contre des enfants. Beaucoup de femmes catholiques sont choquées par ces propos", a témoigné Alan Parker, un représentant de la Humanist society, au micro d’Europe 1.

Des "désagréments"

Des représentants d’autres Eglises. En Ecosse, où le Pape est attendu jeudi, l’Eglise presbytérienne libre d’Ulster a prévu de manifester. A sa tête, le révérend Ian Paisley, un pasteur fondamentaliste qui a été le Premier ministre d’Irlande du Nord. "Cet homme vient dans ce pays au moment où sa propre Eglise est profondément divisée, et à juste titre, à cause du comportement de plusieurs prêtres au sein de son Eglise et à cause de sa volonté évidente de ne pas traiter le sujet [de la pédophilie], de ne pas le régler", s’est déjà indigné le révérend Ian Paisley.

Des automobilistes. Tout le centre de Londres sera bouclé vendredi, jour d’arrivée du Pape dans la capitale anglaise, ainsi que samedi. Pour les pèlerins, les transports en commun sont conseillés très fortement. Pour les autres, les autorités londoniennes assurent qu’elles vont tout faire pour limiter "le désagrément".