Centrafrique : Bozizé appelle Paris à l'aide

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Centrafrique : Bozizé appelle Paris à l'aide
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Au lendemain de la violente manifestation à Bangui, Paris a exclu toute aide militaire directe au régime.

>> L'ACTU. Plusieurs centaines de manifestants proches du pouvoir ont lancé mercredi des projectiles sur l'ambassade de France à Bangui, après avoir observé un sit-in devant l'ambassade des États-Unis. Les forces françaises, sur place, ont sécurisé le bâtiment et le calme est revenu. Les manifestants dénoncent la passivité de l'ancienne puissance coloniale devant l'avancée d'une coalition rebelle. Cette dernière s'est emparée d'une partie du pays. L'incertitude plane sur l'envoi de troupes d'Afrique centrale dans le pays.

• La France ne veut plus être parrain. Au lendemain de la manifestation, Paris a assuré jeudi que son intervention en Centrafrique se limiterait à la seule protection de ses ressortissants et a exclu toute aide militaire directe au régime. Le président centrafricain, François Bozizé, a appelé la France et les États-Unis à l'aider à stopper la rébellion du Séléka. Trois des pays composant la Force multinationale d'Afrique centrale ne semblent par ailleurs pas disposés à envoyer de nouvelles troupes à Bangui. 

• Une manifestation violente. L'ambassadeur de France a protesté contre la manifestation qu'il a qualifiée de "particulièrement violente". "Ce matin, une manifestation violente s'est déroulée devant l'ambassade des États-Unis d'Amérique, et s'est prolongée par une manifestation particulièrement violente devant la chancellerie de France, avec des jets de projectiles, avec des bris de vitres. Le drapeau français a été descendu de son mât et emporté par des manifestants", a déclaré l'ambassadeur Serge Mucetti. "Cette situation est totalement inadmissible", a-t-il ajouté. Un Français présent à l'ambassade mercredi a raconté à Europe 1 avoir passé "huit heures dans une petite pièce". "Il y a un moment où quand les gens sont rentrés dans l'ambassade et ont cassé les murs, ça a un peu paniqué, surtout qu'il y avait très peu de personnes qui pouvaient assurer la sécurité", relate-t-il.

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• "La France nous a lâché". "Nous sommes ici à l'ambassade de France, parce que c'est la France qui nous a colonisés. Mais la France a tendance à nous lâcher. On n'a plus besoin de la France, la France n'a qu'à prendre son ambassade et partir", affirmait une manifestante mercredi. "La France n'a pas respecté la convention de défense entre elle et la République Centrafricaine. Nous dénonçons cette attitude", a pour sa part déclaré un étudiant qui a requis l'anonymat.

• Air France également touché. Durant la manifestation, plusieurs jeunes ont jeté des projectiles sur les locaux de l'ambassade dont certains ont cassé des vitres, ainsi que sur la représentation d'Air France, a constaté l'AFP. Auparavant, les manifestants, membres d'associations proches du Kwa Na Kwa (le parti du président François Bozizé), ont observé un sit-in devant l'ambassade des États-Unis. Munis de sifflets et de branches de palmiers, ils ont scandé en sango, la langue nationale: "i yé gui siriri" (nous voulons la paix, non à la guerre). Devant la violence de la manifestation, Air France a même fait faire demi-tour mercredi à son vol hebdomadaire Paris-Bangui.

• Un contexte très tendu. Depuis le 10 décembre, la coalition rebelle du Séléka a pris plusieurs villes importantes du pays, revendiquant "le respect" d'accords de paix signés entre 2007 et 2011. Malgré l'appel des autorités et des pays voisins à la négociation, le Séléka a avancé rapidement sans rencontrer de résistance, et se trouve désormais non loin de la capitale centrafricaine. Les rebelles ont demandé mercredi dans un communiqué que le pouvoir de Bangui "rende les armes".