Ce timbre vaut 9,5 millions de dollars

  • A
  • A
Ce timbre vaut 9,5 millions de dollars
@ Reuters
Partagez sur :

LE "MONA LISA DES TIMBRES" - Un exemplaire unique d'un timbre émis en 1856 a battu tous les records aux enchères.

Si on considère son poids, il s'agit de l'objet le plus cher au monde. Un minuscule timbre datant du 19e siècle, le célèbre One-Cent-Magenta, a été adjugé mardi soir à New York pour la somme astronomique de 9,5 millions de dollars, soit plus de 7 millions d'euros, pulvérisant le record précédent pour la vente d'un timbre aux enchères.

La "Mona Lisa des timbres". Cet exemplaire unique, émis en ex-Guyane Britannique et pas vu en public depuis 1986, est parfois surnommé la "Mona Lisa des timbres". Et l'objet, qui mesure seulement 2,54 cm sur 3,18 cm et arbore le dessin d'un bateau, a une histoire hors norme : il a été émis en 1856, à une époque où seulement quelques pays possédaient des timbres. La Guyane Briannique, ex-colonie en Amérique du Sud, recevait les siens par bateau, d'Angleterre. Mais une cargaison ayant été retardée en 1856, le chef des postes local avait fait imprimer des timbres d'un cent et quatre cents, de couleur rouge magenta. Le timbre adjugé lundi est le dernier exemplaire connu de cette série de timbres à un cent.

timbre

© REUTERS

Vendu pour quelques shillings. Son histoire ne s'arrête pas là : en 1873, un Ecossais de 12 ans le découvre dans des archives familiales et le vend la même année pour quelques shillings à un collectionneur local, qui l'envoie à Glasgow pour une expertise. Un collectionneur britannique l'achète ensuite, puis le revend à un Français, qui le lègue à sa mort à un musée de Berlin. Après la Première Guerre mondiale, la France saisit le timbre, au titre des réparations dues par l'Allemagne. En 1922, le timbre est vendu à un Américain, qui débourse 35.000 dollars aux enchères. L'objet change de mains encore au moins deux fois, battant des records aux enchères. En 1980, John E. du Pont, héritier du groupe de chimie américain, philatéliste et millionnaire excentrique, décédé en 2010 en prison après avoir été condamné pour meurtre, qui l'achète. Ce sont les gestionnaires de son patrimoine qui mettaient le timbre en vente lundi. Quant au nouveau propriétaire du One-Cent-Magenta, il a préféré rester anonyme.