Catalogne : "on veut permettre à tout le monde d'exercer son droit de vote"

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Si près de la moitié des bureaux de vote sont contrôlés par la police, les Catalans s'organisent et des parents d'élèves ont décidé d'occuper une école, au nord de Barcelone. 

REPORTAGE

Les indépendantistes catalans sont toujours aussi déterminés à quelques heures du référendum sur l'indépendance, pourtant interdit par Madrid. Près de la moitié des bureaux de vote sont contrôlés par la police espagnole. Samedi matin, la guardia civil est intervenue au centre de communication de l'État catalan pour couper les connexions avec les bureaux de vote. Pour les Catalans, le scrutin aura bien lieu et ces derniers s'organisent en conséquence, comme a pu le constater sur place, le reporter d'Europe 1. 

Activité peinture et paella géante. Dans une commune au nord de Barcelone, les parents d'élèves occupent depuis vendredi soir une école et ils ont bien l'intention d'y passer la nuit. Pour le moment, les préparatifs de ce vote prennent l'allure d'une kermesse : activité peinture pour les enfants et paella géante dans la cour. Ils sont une quinzaine de parents d'élèves à occuper l'école depuis la fin des cours, vendredi soir. Ils en ont même profité pour faire le grand ménage et à ce stade, ils n'ont reçu qu'une courte visite de la police ce matin.

"Ils nous ont demandé ce qu'on faisait alors qu'on était en pleine séance de Tai-chi", explique-t-il. "On a répondu qu'on organisait une journée porte ouverte et qu'on allait continuer. Ils ne nous ont rien dit de plus", explique à Europe 1 Ramon, qui ajoute : "c'est festif ici, il y a les parents, les enfants. On ne veut rien d'autre que permettre à tout le monde d'exercer son droit de vote." 

165 occupations recensées. La police, qui s'est rendue dans 1.300 de ces bureaux de vote, a recensé 165 occupations. Mais aucune évacuation n'a été ordonnée pour le moment, la consigne donnée pour le moment étant de libérer les lieux avant 6h du matin dimanche, mais ce n'est pas les projets de ces parents d'élèves. Dans l'école, tout est prêt : matelas posés par terre, oreillers et sacs de couchage. Si la police arrive, les parents résisteront sans violence, promet Agatha : "on leur expliquera ce qu'on fait tranquillement, on ne veut aucune violence et je ne comprendrai pas qu'ils nous forcent à partir. Ça me parait inimaginable d'expulser des gens comme ça d'une école alors qu'ils ne font rien de mal."

Aucun signe de matériel électoral. Samedi soir, ces écoles vont rester très festives avec dîners et musique : ce qu'il manque encore, ce sont les urnes et les bulletins de vote. Il n'y a pour l'heure aucun signe de matériel électoral et même les occupants ignorent totalement comment et quand ils arriveront. "On espère juste que quelqu'un nous les apportera", s'amuse un parent d'élève.