Carnet rose à Gaza : les triplés se nomment "Jérusalem", "Capitale" (de la) "Palestine"

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Carnet rose à Gaza : les triplés se nomment "Jérusalem", "Capitale" (de la) "Palestine"
Les triplés sont nés deux semaines après l'annonce du président Donald Trump.@ SAID KHATIB / AFP
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Un couple de Gaza a prénommé ses triplés "Jérusalem", "Capitale" et "Palestine" en signe de protestation à la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d'Israël. 

Quand d'autres sont allés jeter des pierres, un couple de Palestiniens de la bande de Gaza a protesté à sa manière contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, en appelant ses triplés "Jérusalem", "Capitale" et "Palestine". "Grâce à Dieu, j'ai eu des triplés, et nous avons pu répondre à la décision de Trump", a dit vendredi leur mère Islam al-Sukili, 25 ans, chez eux à Khan Younès.

Une décision contestée. Jérusalem et Palestine, deux garçons, et Capitale, une fille, sont nés en décembre, deux semaines après l'annonce par le président Donald Trump, le 6, que les Etats-Unis reconnaissaient Jérusalem comme la capitale d'Israël. Cette initiative unilatérale, en rupture avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international, a provoqué la colère des Palestiniens qui revendiquent Jérusalem-Est, annexée par Israël, comme la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Israël proclame tout Jérusalem sa capitale "indivisible". La communauté internationale juge illégale l'annexion de Jérusalem-Est et estime que le statut final de la ville sainte, l'une des questions les plus épineuses du conflit, doit être réglé par la négociation.

Des préoccupations plus terre-à-terre. "La décision de Trump n'a aucune valeur, Jérusalem est notre capitale éternelle", assure le père des triplés, Nidal Sukili, 30 ans. Aux visiteurs, les Sukili présentent volontiers leurs nourrissons endormis les uns à côté des autres, avec leur certificat de naissance sur leur couverture. Mais au-delà de l'aspiration nationale, ces parents ont des préoccupations très terre-à-terre dans un territoire éprouvé par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien. "Notre problème, c'est les couches et le lait", se plaint la mère, dont le mari est sans emploi.