Carnaval de Rio : un accident ternit le défilé des écoles de samba

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Carnaval de Rio : un accident ternit le défilé des écoles de samba
Les conducteurs du char de l'école Paraíso do Tuiuti auraient perdu le contrôle et percuté une tribune@ YASUYOSHI CHIBA / AFP
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Le char qui a percuté l'une des tribunes a fait six blessés dont deux graves. Une femme a eu la jambe cassée.

Le célèbre défilé des meilleures écoles de samba de Rio de Janeiro, un spectacle grandiose très attendu du carnaval, a été terni dimanche soir par l'accident d'un char.

"Six blessés dont deux graves". Le dernier char de la première école de samba entrée en scène, Paraíso do Tuiuti, a blessé six personnes, en venant percuter une des tribunes du sambodrome, une avenue de 700 mètres bordée de gradins à ciel ouvert et de loges pour VIP. "Il y a six blessés, dont deux graves", a précisé à la presse le lieutenant colonel Morgado, du service des pompiers brésiliens.



Les conducteurs du char auraient perdu le contrôle du "véhicule" sous la pluie fine qui tombait sur Rio dimanche soir. L'énorme camion, sur lequel dansaient une quinzaine de personnes, s'est écrasé contre le grillage d'une tribune. Une femme a eu la jambe brisée.

Un hommage au mouvement tropicaliste. Paraiso do Tuiutu a rendu hommage au mouvement tropicaliste qui a révolutionné la chanson brésilienne à la fin des années 60, avec des monstres sacrés comme Gilberto Gil et Caetano Veloso défiant le moralisme de la dictature militaire. Fidèle à l'esprit de ce mouvement libertaire, l'école a présenté un défilé exubérant, plein de couleurs vives, avec des toucans géants ornant le premier char, devancé par un groupe de guerriers indiens évoluant selon une chorégraphie traditionnelle.

Une compétition avant tout. Auto-intitulé "plus grand spectacle de la Terre", le défilé des écoles de samba est avant tout une compétition. Qualités des costumes, des chars, harmonie du défilé, choix du thème, paroles de la chanson : chaque détail est passé au crible selon des critères très stricts par un jury intraitable.

Comme au football, il y a plusieurs divisions : ceux qui aspirent à intégrer l'élite ont ouvert le bal vendredi et samedi, mais la crème de la crème, les 12 écoles du "grupo especial (groupe spécial), défilent dimanche et lundi. Chaque défilé dure 75 minutes, contre 82 l'an dernier, avec pas moins de 3.000 personnes qui déambulent avec des costumes extravagants, souvent ornés de plumes, strass et paillettes.

"C'est le moment d'oublier tous les problèmes". Près de 70.000 privilégiés sont massés le long de la "Passerelle de la Samba", de son vrai nom Avenue Marques de Sapucai, et des millions de téléspectateurs de tout le Brésil sont rivés sur le petit écran. "Nous nous sentons victorieux rien que pour le fait d'être ici, malgré la crise. Nous nous sommes énormément battus pour être ici. C'est le moment d'oublier tous les problèmes", s'est enthousiasmée Beatriz Gloria Andrere, 62 ans, qui s'apprêtait à défiler dans une énorme robe rose.